‹ Don Carlos, tragedie en cinq actes et en vers, par feu Lefevre. Representee, pour la premiere fois, par les Comediens du Roi, sur le Second TheatreFrancais, le mercredi, 20 decembre 1820. Dediee a S.A.S. monseigneur le duc d'Orleans, premier prince du sangChapitre 37 sur 65 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

Je viens vous arracher de ce palais funeste.

Fuyons : la nuit est proche , et mes secours sont prêts.

CARLOS

Inutile vertu, ce sont là tes succès ! —

Qu’en peu de temps, Alvar , ma fortune est changée! Aux plus nobles efforts mon âme encouragée Me promettait naguère un clépart glorieux ;

Et voici qu’en coupable il faut quitter ces lieux! — • Ah ! du moins , si je fuis , la reine en est la cause !

Ma mort ou ma présence également l’expose.

L’une éteindrait ses jours ; l’autre alarme sa foi.

Tu rtie connais , Alvar; j’aurais vu sans effroi Ce trépas préférable au sort qui m’humilie :

(Avec effort et de’vonement. )

L’amour parle , il suffit; j’aurai spin de ma vie.

Allons. — Que dis-je, ami ! par où fuir mes revers? Qui défendra nos pas de mille écueils couverts ? Doutes-tu, si ma perte est ici résolue,

Que la haine n’y veille et ne m’y garde à vue ?

Tu frémis. Ton ardeur accuse mes délais.

. Mais je ne sais quel dieu m’enchaîne à ce palais ,

Me dit qu'à mes bourreaux mon départ favorable... Ciel ! que nous veut ce garde ?

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