ACTE III, SCÈNE VII
Je viens vous arracher de ce palais funeste.
Fuyons : la nuit est proche , et mes secours sont prêts.
CARLOS
Inutile vertu, ce sont là tes succès ! —
Qu’en peu de temps, Alvar , ma fortune est changée! Aux plus nobles efforts mon âme encouragée Me promettait naguère un clépart glorieux ;
Et voici qu’en coupable il faut quitter ces lieux! — • Ah ! du moins , si je fuis , la reine en est la cause !
Ma mort ou ma présence également l’expose.
L’une éteindrait ses jours ; l’autre alarme sa foi.
Tu rtie connais , Alvar; j’aurais vu sans effroi Ce trépas préférable au sort qui m’humilie :
(Avec effort et de’vonement. )
L’amour parle , il suffit; j’aurai spin de ma vie.
Allons. — Que dis-je, ami ! par où fuir mes revers? Qui défendra nos pas de mille écueils couverts ? Doutes-tu, si ma perte est ici résolue,
Que la haine n’y veille et ne m’y garde à vue ?
Tu frémis. Ton ardeur accuse mes délais.
. Mais je ne sais quel dieu m’enchaîne à ce palais ,
Me dit qu'à mes bourreaux mon départ favorable... Ciel ! que nous veut ce garde ?