‹ Don César de Bazan;Chapitre 37 sur 65 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LAZARILLE, seul.

L’instant est venu... l’instant suprême où doit finir sa vie, à lui, le seul homme qui se soit intéressé au pauvre Lazarille! Hélas! je suis né pour être toujours malheureux!... Pour la première fois, j’ai rencontré un ami, et ils vont l’envoyer à la mort!...

Cœur loyal, âme forte,

Va sourire au trépas!

Si le roi veut, qu’importe!

Moi je ne veux pas !

O toi dont le bras intrépide Couvrit mon front timide,

O toi qui t’émus de pitié Pour le pauvre oublié,

A l’heure du danger suprême Je t’abandonnerais!

Toi qui m’as sauvé, toi que j’aime,

Pour moi tu périrais !

Toutes les puissances humaines,

Les intrigues, les haines,

Peuvent s’unir pour t’écraser,

Je saurai les briser.

Dieu rend parfois, dans sa justice,

Le faible triomphant,

Et pour t’arracher au supplice C’est assez d’un enfant!

Cœur loyal, âme forte, etc.

(On entend de nouveau le bruit des cloches.)

La cérémonie est achevée, les voilà qui se dirigent de ce côté... Vite, à mon poste, et que le ciel me protège! (il sort

d’un côté en même temps que don José, Maritana et leur suite rentrent de l’autre.)

Page 1