ACTE TROISIÈME
LE ROI
Défendez-vous, sinon, je frappe !
MAKITANA.
LE ROI
Je vais frapper !
DON CESAR, présentant sa poitrine.
Sire ! il serait trop tard !
LE ROI, laissant retomber son bras.
Trop tard !
MAR1TANA, à part.
Trop tard 1
ENSEMBLE
Quels doutes, quelle crainte, Envahissent mon cœur !
Quel affront, quelle atteinte À subis mon honneur 1 Grandeur, pouvoir suprême, Ne sont rien ici-bas.
Puisque la honte même Ne les épargne pas.
Quels doutes, quelle crainte Envahissent son cœur 1 Mais, sans moi, quelle atteinte Eût frappé son honneur !
(Au roi.) Grandeur, pouvoir suprême, Ne sont rien ici-bas,
Puisque la honte même Ne les épargne pas.
MARITANA, à part.
Quel effroi, quelle crainte, Envahissent son cœur 1 Quelle terrible atteinte À frappé son honneur !
Grandeur, pouvoir suprême,
Ne sont rien ici-bas,
Puisque la honte même Ne les épargne pas !
DON CESAR, à part; montrant le roi.
Le désespoir le gagne,
DON CÉSAR DE BAZAN Dissipons son erreur.
(Au roi.)
Depuis quand, monseigneur,
Dans notre vieille Espagne,
Souffre-t-on devant soi Qu’on insulte son roi ?
J’aurais vu sous mes yeux ce crime se commettre, Sans châtier le traître 11 !
LE ROI
De mes doutes affreux, comte, délivrez-moi !
Ce collier d’or, que votre main royale Sur sa poitrine déloyale Daigna mettre jadis,
Sur son cadavre je l’ai pris.
LE ROI
Quoi ! c’est vous !
Yoici mon épée :
Du sang de ce perfide elle est encor trempée ;
De son forfait il a trouvé le prix.