‹ Don César de Bazan;Chapitre 62 sur 65 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE ROI

Défendez-vous, sinon, je frappe !

MAKITANA.

LE ROI

Je vais frapper !

DON CESAR, présentant sa poitrine.

Sire ! il serait trop tard !

LE ROI, laissant retomber son bras.

Trop tard !

MAR1TANA, à part.

Trop tard 1

ENSEMBLE

Quels doutes, quelle crainte, Envahissent mon cœur !

Quel affront, quelle atteinte À subis mon honneur 1 Grandeur, pouvoir suprême, Ne sont rien ici-bas.

Puisque la honte même Ne les épargne pas.

Quels doutes, quelle crainte Envahissent son cœur 1 Mais, sans moi, quelle atteinte Eût frappé son honneur !

(Au roi.) Grandeur, pouvoir suprême, Ne sont rien ici-bas,

Puisque la honte même Ne les épargne pas.

MARITANA, à part.

Quel effroi, quelle crainte, Envahissent son cœur 1 Quelle terrible atteinte À frappé son honneur !

Grandeur, pouvoir suprême,

Ne sont rien ici-bas,

Puisque la honte même Ne les épargne pas !

DON CESAR, à part; montrant le roi.

Le désespoir le gagne,

DON CÉSAR DE BAZAN Dissipons son erreur.

(Au roi.)

Depuis quand, monseigneur,

Dans notre vieille Espagne,

Souffre-t-on devant soi Qu’on insulte son roi ?

J’aurais vu sous mes yeux ce crime se commettre, Sans châtier le traître 11 !

LE ROI

De mes doutes affreux, comte, délivrez-moi !

Ce collier d’or, que votre main royale Sur sa poitrine déloyale Daigna mettre jadis,

Sur son cadavre je l’ai pris.

LE ROI

Quoi ! c’est vous !

Yoici mon épée :

Du sang de ce perfide elle est encor trempée ;

De son forfait il a trouvé le prix.

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