‹ Don Juan d'Armana, drame en quatre actesChapitre 30 sur 59 · ACTE 11, DEUXIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

ACTE 11, DEUXIÈME TABLEAU

Ton âme est assez noble pour mériter un tel spectacle.

DONA CLARA, à part.

Le sang de ma race m'enivre.

Tu vas apprendre comment l'amour sait conjurer la mort. — Tu ne serais pas une vraie fille de l'Espagne si ton cœur ignorait le baptême du sang.

DONA CLARA, à part.

Don Juan faut-il croire que tu m'aimes? (haut) N'expose pas mon orgueil à faiblir devant ta force.

Ma force est dans mon amour pour toi, et mon amour est aveugle.

DONA CLARA

Ne fais point la folie de résister seul contre plusieurs hommes. Cherchons à fuir.

Quand de chaque pavé des rues s'élèverait un homme pour t'arracher à moi, je ne reculerais pas, enfant.

(Le bruit de pas se rapproche. — Don Jiuin prend ses pistolets cl se dissimule derrière la fenêtre du balcon éloignant dona Clara.)

Venez, messieurs les alguazils, rôdeurs de nuit, noirs hiboux, jaloux de l'amour, trouble-fètes des amants éveillés au plaisir : venez, vous allez être bien reçus.

DON A CLARA, écOUtjnt.

Les voici.

(Le bruit tout à coup s'éloigne comme celui d'une troupe tournant une rue.)

(Dona Clara se rapprochant de la fenêtre derrière don Juan.)

O miracle! Us s'éloignent sans même relever la tète. Comme une nuée de corbeaux qui sentent la poudre, ils se sont envolés.

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