‹ Don Juan d'Armana, drame en quatre actesChapitre 50 sur 59 · ACTE IV, TABLEAU 11, SCENE I II · texte numérisé non relu

ACTE IV, TABLEAU 11, SCENE I II

PERDRIGO

Quand vous me l'aurez dit, je ne serai peut-être pas plus avancé.

Je me disais que cette vie de plaisir est fatigante et monotone. Oui, depuis quelque temps, ce sont toujours les mêmes aventures et sans saveur. Est-ce mon goût qui s'émousse?

PERDRIGO

Le soleil, si ardent qu'il se montre, ne peut absorber l'Océan. La jouissance ne tient sans doute qu'à la jeunesse de nos sens.

Me prends-tu pour un cul-de-jatte? Aije donc vieilli? Toutes ces grâces irrésistibles m'ont-elles fui ou quelques-unes seulement, jalouses des triomphes qu'elles m'ont causés, font-elles les coquettes avec celui qu'elles avaient jusqu'alors si généreusement comblé? O insaisissables auxiliaires de l'amour, troupes légères et fidèles de tous mes combats, m'abandonneriez-

VOUS sur le bord d'une destinée incertaine quand votre secours me devient plus précieux qu'autrefois?

A Dieu ne plaise, que les grâces triomphantes que vous invoquez désertent un si noble maître !

Ah ! Perdrigo : Les femmes se ressemblent plus que nous croyons. C'est une chose fort triste pour un homme comme moi que de le reconnaître. Si j'en suis là, c'est sans doute qu'il faut m'arrêter. — Oui, je m'ennuie. Je suis en rupture d'idéal. Si je me mariais ? Serait-ce une gageure faire à ma destinée?

PERDRIGO

Quelle bonne pensée !

Par saint Jacques, je me marierais s'il existait une femme à ma taille. — Cette femme ne l'ai-je pas cherchée toute ma

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