ACTE IV, TABLEAU 11, SCENE II l
PERD RI GO, dccounwt.
Juste ciel ! Je l'avais prédit. (A Jeu Juan.) Seigneur, est-il possible ?
Je me sens mourir. La venimeuse bête m'a percé de tous ses dards. (Se soulevant et
apercevant le cadavre de dcna Sabële qu'il contemple un
instant.) Elle s'est fait justice. Oh ! l'horrible visage où se lit l'effort d'un double crime.
(A Perdrigo avec dédain.) Éloigne Cela!
P E R D R I G G , repoussait le didjvre.
O incertitudes et contradictions de l'action humaine! Ainsi la même main qui a prodigué les caresses et la volupté peut donner la douleur et la mort. O imperfection souveraine ! La plus infime créature tient notre vie à la pointe de sa folie.
(Revenant à don Juan.)
Mon bon maître !
Laisse-moi mourir dans la sérénité de mon passé !
IJ4 DONJUANDARMANA
Qu'est-ce que la vie sans l'amour ?
Puisque je n'ai pas su inspirer assez d'amour pour désarmer la haine, je n'ai plus de raison de vivre. Je verrais celles qu'un seul de mes regards livrait à mes transports, passer indifférentes ! Déjà l'amour s'éloignait de moi. O puissance de l'âge! Il y a donc un âge d'amour? Et cet âge passé, don Juan devait mourir ! Mourir, et je n'ai pas quarante ans ! Adieu la jeunesse! Adieu la vie! Folles qui m'avez aimé, vous croyez-vous vengées? Ma mort rachète-t-elle votre honneur ? Monde insensé qui veut jouir et veut être vertueux! Je te quitte sans regrets. J'allais m'ennuyer trop ! A tout ce que tu m'offrais, il fallait la force et la jeunesse et ces biens précieux m'allaient quitter ! Tourne, danse et pleure jusqu'à consommation des siècles.
Si je te vois d'en haut, tu me feras bien rire. Et vous, charmantes créatures, soutiens de ma vie et causes de ma mort, préparez-vous à souffrir. — Je laisse dans le monde une semence qui ne périra pas.
Don Juan vous quitte, mais il reparaîtra. Don Juan est éternel.