ACTE IV , SCENE XII
sors ne feraient que passer de ses mains clans celles des malheureux 5 et ce pouvoir immense de consoler Tinfortune. cette royaute enveloppee de mystere, mais plus absolue que la mienne, une seule femme la merite, une seule dans le monde. et cette femme, Florinde , c'est vous... dona florinde, se levant.
Hoi . juste ciel ! qui ! moi !
Vous, a qui je l'offre a genoux. a qui je demande, en tremblant, un peu de cette pitie que je ne vous ai pas ref'usee pour vous-meme.
DONA FLORINDE
Mais que vous vouliez me vendre an prix de l'honneur... Oh ! non, vous n'avez pas eu cette pensee ; je m'abuse et je vous f'ais injure. Pardon. Sire, ah ! pardon de mon erreur !
Ne feignez pas de vous meprendre , n'en appelez pas a des vertus dont Dieu nVaffranchit, en me les rendant impossibles. Je l'ai resolu : crime ou non, de votre volonte ou seulement de la mienne, Florinde, vous serez a moi.
DONA FLORINDE
Et je me suis livree ! .. et je suis seule !
Oui seule; et rien ne vous trahira; mais rien ne peut vous sauver.
DONA FLOR1NDE.
Que mon desespoir et mes cris...
\ os cris ne seront pas entendus.
DONA FLOR1NDE.
Vous vous trompez. Sire, on viendra ; je vous jure qu'on viendra.
PHILIFPE II.
Et qui done?
DONA FL0F.1NDE.
Personne. oh! non, personne. II est vrai; je suis sans appui, sans defense; ou plutot. je n'ai qu'un refuge, et e'est vous. vous a qui je confie cet honneur que vous veniez me ravir; vous. Sire , qui serez mon defenseur contre vousmeme. (S'avancant vers lui avec exaltation.) Don Philippe. Paction que vous voulez commettre est horrible, (tombant a genoux) et j'en demande justice au roi d'Espagne.
philippe ii, la regardant avec transport.
Ravissante de terreur et de fierte ! Florinde. e'est le seul voeu de toi que je n'accomplirai