ACTE I, SCENE VIII
comme moi ! Sentez-vous bien toutela force de ce que vous me dites ? Voulez-vous que je porte dans un cloitre des desordres a peine tolerables dans votre maison ? voulez-vous que je cache sous la robe d'un moine ce qui n'etait que faiblesse en moi , et ce qui serait crime en lui?
DON QUEXADA
Grand Dieu ! don Juan, quelles intentions me supposez-vous ?
Eh ! que faudrait-il done faire ? me soumettre : combattre sans cesse des passions que je n'etoufferais pas, m'efforcer de plier mon orgueil a une obeissancecontre laquelle tout mon 3tre se revoke ? Le dernier degre de la honte ou de la misere, voilace que vous me proposez. Oh! non , non, vos entrailles de pere vont s'emouvoir , et vous n'aurez pas la durete de me reduire a cette alternative horrible d'etre le plus infame ou le plus malheureux de tous les hommes.
DON QUEXADA
Je suissi stupefait. que je n'ai pas line bonn^
raison a lui donner, moi qui voulaisen faire une des colonnes de la foi chretienne !
Eh pourquoile vouliez-vous ? quel motif, que je ne puis m'expliquer, vous poussait a sacrifier votre seul lils , le seul heritier de votre uom et de vos titres? Me jugiez-vous indigne de les porter? Detrompez-vous : il y a de Tavenir en moi j il y a en moi de la gloire et du bonheur pour vos vieux jours. Vous serez fier de m'avoir donne la naissance ; vous sentirez votre vieillesse rajeunir entre moi et une femme digue de mon amour et de votre tendresse....
DON QUEXADA.
Une femme !
Au milieu d'une famille nouvelle , de mes enfans, oui, de mes enfans qui vous cheriront a leur tour.
DON QUEXADA.
Une femme! des enfans! bonle du ciel ! ou avez-vous la tete?
Je tombe a vos pieds, je m'y trainerai . s'il le