‹ Don Juan de MañaraChapitre 83 sur 95 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Oui.

LE MAVOr», poussant le ViTtou de li porte.

L'homme a détourné du cloître une novice. Elle est ici.

Don Jiiiin ne répond p is.

Je suis le chef du Saint-Office!

DON JL'AN, se levant.

Arrétez-moi.

LE MAYOR

Je viens vous sauver tous les deux.

DON JUAN, retombant assis.

Trop tard !

LE MAYOR

Que la bonté du ciel ait pitié d'eux!

Il n'y a ni bonté ni pitié.

LE MAYOR

Dans quel gouffre!...

— Don Juan, regarde-moi. Tu souffres?

Oui, je souffre.

LE MAYOR

Et tu voudrais ne plus souffrir?

Je le voudrais.

LE MAYOR

N'as-tu pas de remords, don Juan?

DON JUAN, se levant de nouveau.

J'ai des regrets.

LE MAYOP.

La juslice infinie est la niiséiicorde : Implore le divin Sauveur, pour qu'il l'accorde Le pardon des forfaits.

Je me l'accorde peu.

LE MAYOR

Mon fils, dis comme moi : « Je me confesse à Dieu. ))

Je me confesse à vous que je tiens pour un sage. C'est tout. Suis-je malade ou troublé d'un présage? Peut-être, mais je sais que je ne sais plus rien. Je voudrais m'appuyer. A quoi? Sur quoi? Le bien Est mal; le mal est bien. J'ai perdu l'équilibre. Aidez-moi.

Dieu le veut.

Le Mayor lui fait signe de s'ag-enouillcr. l\ j loie les g(>noux.

J'ai cru que j'étais libre, Que j'étais fort : je fus égoïste !

LE MAYOR

Je sais.

DON JUAN, avec révolte, se redressant.

Ne me le dites point ! — Partout où je passais,

J'ai fait le mal. J'ai dit : « La loi, c'est mon caprice. »

J'eus tort. Il faut pourtant que le loup se nourrisse,

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