‹ Don JuanChapitre 57 sur 97 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DONE EL VIRE, voilée : DON JUAN SGANARELLE

DONE ELVIRE

> -oyez point surpris. Don Juan, de me voir à cette heure et dans cet équipage. C'est un motif pressant qui m'oblige à cette visite, et ce que j'ai à vous dire ne veut point du tout de retardement. Je ne viens point ici pleine de ce courroux que j'ai tantôt fait éclater, et vous me voyez bie:: changée de ce que .j'étais ce matin. Ce n'es: plus cette Done Elvire qui faisait des vœux contre vous, et dont l'âme irritée ne jetait que menaces et ne respirait que vengeance. Le ciel a banni de mon âme toutes ces indignes ardeurs que je sentais pour vous, tous ces transports tumultueux d'un attachement criminel, tous ces honteux emportements d'un amour terrestre et grossier; et il n'a laissé dans mon cœur pou; vous qu'une flamme épurée de tout le commerce des sens. une tendresse toute sainte, un amour détaché de tout, qui n'agit point pour soi, et ne se met en peine que de votre intérêt.

9U DON JLA.N

uox juan, ha<. â ëjfanai Tu pleures, je pens

<e, W.MIRI.LK

Pardonnez-moi.

DONE ELVIIŒ

-tee parfcii» --i i<mv amour qui me conduit ici pour votre bien, pour vous faire part d'un avis du ciel, et tâcher de vous retirer du précipice où vous courez. Oui. Don Juan, je sais fco <ments de

votre vie; ici. qui 'ma touche

le cœur et l'ait jeter Les yeux sur les égarements de ma conduite, m'a inspiré de vous venir trouver, et vous «Jire <ie sa part que rtts otfeïis (•!«■ sa c« .

Bot Mir v.-iis. qu'il ësï en v . vite/-

par un brômj)1 repentit*; et que, pelit-

drë un jotir â vous pouvoir - is les malheurs. Poil? moi, je : lus à vous àcnément du monde. Je suis Sâu ciel, flë toutes mes folles

lem:j - >ez de vie pour pouvoir ex-

pier t'a Toute que j'ai faite, et m une austère pénitence, le pardon de i a ^lemeTrt^ôTT m'ont pion, d'une passion condamnable. M cette retraite, j'aurais une douleur exl qu'une personne que j'ai cnérté tendre] devint un exemple funes ciel; et ce me sera une j..i

Lr nous porter à détourné? de <)■ votre l'épouvantable coup qui

menace. De grâce, Don Juan, accorde

pour dernière faveur, cette douce consolation; ne me refusez pas votre salut, que je vous demande avec larmes : et, si vous n'êtes point touché de votre intérêt, soyezle au moins de mes prières, et m'épargnez le cruel déplaisir de vous voi des supplices éternel-.

SCANARELI.F. '/ /fifl.

| !V!V IVMllIlie !

■ r. F.LYini.

vous ai aime avec une tend trême ; rien au monde ne ma été si cher que vous: j'ai oublié mon devoir pour vous. j ai fait toutes choses pour vous : et toute la récompense que je vous en demande, c'est de corriger votre vie. et de prévenir votre perte. Saùvez-vous, je vous prie, ou pour l'amour de vous, nu pour l'amour de moi. Encore une fois. Don Juan, je vous le demande avec larmes; et, si ce n'est des larmes dune personne que vous aimée, je vous en conjure par tout ce qui est le plus capable d,e vous toucher.

narei.lc a part, regardant ppn Juin.

■ur de tigre !

do ni: elvirj:

Je m'en vais après ce discours: ei voilà tout ce que j'avais à vous dire.

Madame.il est trop tard, demeurez ici; •us y logera le mieux qu'on pourra.

DONE ELVIRE

Non. Don Juan, ne me retenez pas davantage.

Madame, vous me ferez plaisir de demeu- • vous assure.

DONE ELVIRE

Non. vous dis-je, ne perdons po:.

temps en discours superflus. Laissez-moi ite aller, ne faites aucune instance pour me conduire, et songez seulement à prode mon avis.

JUAN

Sais-tu bien que j'ai encore ^enti quelque peu d'émotion pour elle, que j'ai trouvé de l'agrément clans cette nouveauté bi- . et que son habit négligé, son air languissant et ses larmes, ont réveillé en moi quelques petits restes d'un feu éteint !

SGANARELLE

si -à-dire que ses paroles n'ont fa fifet sur vous?

uper.

SGANARELLE

. t bien.

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