‹ Don JuanChapitre 61 sur 97 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Le théâtre représente une Campagne.

DON' LOUIS

Quoi '.mon fils, serait-il possible q bonté du ciel eût exaucé mes vœux.

que vous me dites est-il bien vrai ? Ne m'abusez-vous point d'un faux espoir, et puisje prendre quelque assurance sur la nouveauté surprenante d'une telle eonvers

Oui, vous me voyez revenu de toutes erreurs: je ne suis plus le même d'hier su soir, et le ciel, tout d'un coup, a fait e' moi un changement qui va surprendra ■ tout le monde. Il a touché mon âme et dessillé mes yeux: et je regarde avec horreur le long aveuglement où j'ai été. etles désordres criminels de la vie que j'ai menée. J'en repasse dans mon esprit toutes les abominations, et m'étonne comme le ciel les a pu souffrir si longtemps, et n'a pas vingt fois sur ma tête laissé tomber les coups de sa justice redoutable. Je vois les grâces que sa bonté m'a faites en ne me punissant point de mes crimes, et je prétends en profiter comme je dois, faire éclater aux veux du monde un soudain chai -

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fement de vie, réparer par là le scandale e mes actions passées, et m'efforcer d'en obtenir du ciel une pleine rémission. C'est à quoi je vais travailler ; et je vous prie, monsieur, de vouloir bien contribuer à ce dessein, et de m aider vous-même à faire choix d'une personne qui me serve de guide i qui je puisse

marcher sûrement dans le chemin où je m'en vais entrer.

DON LOUIS

\h ! mon fils, que la tendresse d'un est aisément rappelée, et que les offenses d'un fils s'évanouissent vite au moindre mot de repentir ! Je ne me souviens plus déjà de tous les déplaisirs que vous m'avez donnés, et tout est effacé par les paroles que vous venez de me faire entendre. Je ne me sens pas, je l'avoue ; je jette des larmes de joie: tous mes vœux sonl satisfaits, et jh n'ai plus rien désormais à demander au ciel. Embrassez-moi, mon iils. et persistez, je vous conjure, dans cette louable pensée. Pour moi. j'en vais, tout de ce pas, porter l'heureuse nouvelle à votre mère, partager avec elle les doux transports du ravissement où je suis, et rendre grâces au ciel des saintes résolutions qu'il a daigne inspirer.

.N.UŒLLE

Ah ! monsieur, que j'ai de joie de *oir converti ! Il y a longtemps que j'atten-

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