SCENE PREMIERE LA GRANGE, DU CROISY
DU CROISY
^eigneur La Grange.
LA GRANGE
Quoi?
DU CROISY
Regardez-moi un peu sans rire.
LA GRANGE
Hé bien?
DU CROISY
Que dites-vous de notre visite? En étesvous fort satisfait?
LA GRANGE
A votre avis, avons-nous sujet de l'être tous deux?
^> DU CROISY
Pas tout à fait, à dire vrai.
LA GH \N''.i
Pour moi, j foue que j'ensuis
tout scandalise'. A-t-<>n jamais vu, dites moi, deux pecques provinciales faire plus les renchéries que celles-là, et deux hommes traités avec plus de mépris que nous ? A peine ont-elles pu se résoudre u Boas taire donner des sièges. Je n'ai jamais vu tant parler à l'oreille qu'elles ont fait entn elles, tant bailler, tant se frotter Les yeux, et demander tant de fois : ouelle heur-' il ? Ont-elles répondu que oui et non à tout ce que nous avons pu leur dire .' Et n< m'avouerez-vous pas enfin que, quand nous aurions été les dernières personnes du monde, on ne pouvait nous faii qu'elles ont fait?
DU Cf.
Il me semble que vous prenez la chose
■ur.
LA GRANGE
ute, je l'y prends, et de telle façon
que je me veux venger de cette impertinence. Je connais ce qui nous a fait mépriser. L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris: il andu dans les provinces, et nos donzelles ridicules en ont humé leur bonne part. En un mot, c'est un ambigu de précieuse et de coquette que leur personne. Je vois ce qu'il faut être pour en être bien reçu ; et, si vous m'en croyez, nous leur jouerons tous deux une pièce qui leur fera voir leur sottise, et pourra leur apprendre à connaître un peu mieux lrur monde