SCÈNE V MADELON, CATHOS, GORGIBUS
GORGIBUS
Il est bien nécessaire, vraiment, de faire tant de dépense pour vous graisser le museau! Dites-moi un peu ce que vous ave/ fait à ces messieurs, que je les vois sortir avec tant de froideur. Vous avais-je pas commandé de les recevoir comme des personnes que je voulais vous donner pour maris?
MADELON
Et quelle estime, mon père. voulez-vou> que nous fassions du procédé irrégulier de ces gens-là?
CATHOS
Le moyen, mon oncle, qu'une fille ur.
peu raisonnable se pût accommoder de leur personne?
GORGIBUS
Kt qu'y trouvez-vous à redire?
MADELON
La belle galanterie que la leur! Quoi!
débuter d'abord par le mariage?
GORGIBUS
Et par où veux-tu donc au'ils débutent? par le concubinage? N'est-ce pas un procédé dont vous avez sujet de vous louer toutes deux, aussi bien que moi? Est-il rien de plus obligeant que cela? Et ce lien sacré où ils aspirent, n'est-il pas un témoignage de l'honnêteté de leurs intentions ?
MADELON
'Ah! mon père, ce que vous dites là est viu dernier bourgeois. Cela méfait honte de vous ouïr parler de la sorte : et vous devriez un peu vous faire apprendre le bel air des choses.
GORGIBUS
Je n'ai que faire ni d'air ni de chanson. ,1e te dis que le mariage est une chose sainte et sacrée, et que c'est faire en honnêtes gens que de débuter par là.
MADKLOX
Mon Dieu! que, si tout le monde vous ressemblait, un roman serait bientôt fini ! La belle chose que ce serait si d'abord Cyrus épousait M an dan e. et quWronce de plain-pied fût marié à Clélie !