‹ Don JuanChapitre 80 sur 97 · ALMANZOR · texte numérisé non relu

ALMANZOR

Madame?

MA DELON

Vite, voiturez-nous ici les commodités de la conversation.

MASCARILLE

Mais, au moins, y a-t-il sûreté ici pour moi?

(Almanzor sort.)

CATHOS

Que craignez-vous?

Quelque vol de mon cœur, quelque as-

sassinat de ma franchise. Je vois fci yeux qui ont la mine d'être de fort mauvais garçons, de faire insulte aux libertés, et de traiter une âme de Turc à Maure- Comment diable! d'abord qu'on les approche, ils se mettent sur leurs gardés meurtrières ! Ah ! par ma foi, je m'en défie et je m'en vais gagner au pied, ou je veux caution bourgeoise qu'ils ne me feron point de mal.

MA DELON

Ma chère, c'est le caractère enjoué.

CATHOS

Je vois bien que c'est un Amilcar.

MADELON

Ne craignez rien, nos yeux n'ont point de mauvais desseins, et votre cœur peut dormir en assurance sur leur pnidhomie^-

CATHOS

Mais, de grâce, monsieur, ne soyez point inexorable à ceJaulejjiL qui vous tend lesbras~îTy^ar un quart d'heure; contentez un peu l'envie qu'il a de vous embrasser.

mascarille, après s'être peigné et avoir ajusté ses canons.

Hé bien ! mesdames, que dites-vous de Paris ?

M A DELON

Hélas ! qu'en pourrions-nous dire ? Il faudrait être l'antipode de la raison pour ne pas confesser que Paris est le grand bureau des merveilles, le centre du bon goût, du bel esprit et de la galanterie.

mas<:arille

Pour moi, je tiens que. hors de Paris, il n'y a point de salut pour les honnêtes gens.

-t une vérité incontestable.

MASCARILLE

Il y fait un peu crotté; mais nous avons îa chaise.

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