‹ Don Juan tenorioChapitre 115 sur 127 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

DON JUAN — CENTELLAS et AVELLANEDA

Arrête Dona Inès ; attends ! Et si tu m'aimes véritablement, fais-moi à la fin distinguer la réalité de la chimère. Donne-moi quelque signe plus durable, qui me prouve sûrement que ce n'est pas folie, ce qu'imagine mon angoisse, et pour que Don Juan descende tranquille dans sa sépulture...

Mais vraiment je m'irrite, par Dieu ! de me voir déçu par tous, courant toujours, l'esprit troublé, après des ombres. Oh ! peut-être tout ceci a-t-il été préparé par ces deux-là, et pendant l'exécution, ils ont feint d'avoir perdu les sens. Mais, par Dieu! s'il en est ainsi, ils auront de quoi se souvenir de Don Juan. — Eh! Don Rafaël, — Capitaine, — en voilà assez: levez-vous d'ici !

(Don Juan secoue Cenlellas et Avelbneda, qui se lèvent comme îles gens qu'on arrache à un profouJ sommeil).

Qui est-là ?

2o8 Don Juan Tenorio.

Levez-vous.

AVELLANEDA

Qu'y a-t-il? Ah! c'est vous?

CENTELLAS

Où sommes-nous ?

Caballeros, soyons francs ! Je vous ai amenés dans ma maison, et je soupçonne qu'en y venant, vous avez, en arrangeant cette fantasmagorie, pensé sans doute rire a mes dépens; mais assez de grimaces à présent, et finissez-en d'un coup.

CENTELLAS

Je ne vous comprends pas.

AVELLANEDA

Pardi ! Moi pas davantage.

Bref: n'avez-vous rien vu ni entendu ?

AVELLANEDA et CENTELLAS

De quoi?

Ne feignez pas davantage.

Page 1