Deuxième partie. — Acte troisième
Et que m'offres-tu donc ici?
LA STATUE
Voici du feu, voilà de la cendre.
Mes cheveux se dressent sur ma tête.
LA STATUE
Je te donne ce que tu seras.
Du feu et de la cendre, il faut devenir !
LA STATUE
Tels ceux que tu vois autour de toi; c'est à quoi aboutissent valeur, jeunesse et puissance.
De la cendre, soit; mais du feu!...
LA STATUE
C'est celui de la colère Toute-Puissante, dont tu brûleras éternellement pour tes désordres aveugles.
Ainsi donc il est une autre vie, il est un autre monde que celui-ci ? Ainsi donc c'est la vérité, malheur à moi! ce que je ne crus jamais ? Vérité fatale qui me glace le sang dans le cœur !
Vérité que ma perdition seule me révèle ! — Et ce sablier ?
la STATUE
C'est la mesure du temps qui te reste.
Il s'achève, déjà?
LA STATUE
Oui; avec chaque grain s'écoule un instant de ta vie.
Et après ceux-ci, nul ne me reste ?
LA STATUE
Non.
Dieu injuste ! 'tu me fais connaître ta puissance, à cette heure où tu ne me donnes pas le temps de me repentir !
LA STATUE
Don Juan, un instant de contrition vaut à l'âme son salut, et cet instant t'est donné encore.
Impossible! En un moment, rayer trente années maudites, de crimes et de péchés !