‹ Don Juan tenorioChapitre 27 sur 127 · Première partie. — Acte premier · texte numérisé non relu

Première partie. — Acte premier

Par Satan! vieil insensé, je ne sais comment j'ai gardé assez mon sang-froid pour l'entendre sans te châtier! Mais dis vite qui tu es, car je me sens capable de t'arracher ton masque, et ton âme avec!

DON GONZALO

DON GONZALO

Vite !....

Regarde donc.

Don Gonzalo !

DON GONZALO

Moi-même. Et là-dessus, adieu, Don Juan; mais, de ce jour, ne pensez plus à Dona Inès. Car avant de consentir à son union avec vous, c'est le sépulcre, je le jure devant Dieu, que j'ouvrirais pour elle de ma propre main.

Vous me faites rire, Don Gonzalo. Venir me provoquer, c'est aller faire peur à un lion avec un mauvais bâton. Et puisque vous m'en donnez l'occasion, je tiens à vous avertir en retour, que, ou vous me la donnerez, ou, par Dieu, j'irai vous l'enlever.

DON GONZALO

Misérable !

C'est dit: une femme seulement, comme celleci, manque à ma gageure; ainsi donc le pari est ouvert sur elle.

(Don Diego, se levant de la table où il était resté caché pendant la scène précédente, descend vers le centre du Théâtre, de manière à être en face de Don Juan.)

DON DIEGO

Je ne puis t'écouter davantage, vil Don Juan, car je redoute pour toi quelque foudre du ciel toute prête à t'anéantir. Ah!... ne pouvant croire ce qu'on disait de toi, voulant espérer qu'on mentait, je suis venu ce soir pour te voir. Mais je te jure, scélérat, que je m'en repens, puisqu'il fallait partir convaincu de ce que j'ignorais encore. Suis donc avec une ardeur aveugle ta honteuse frénésie, mais ne reviens jamais vers moi : je ne te connais pas, Don Juan !

Qui jamais est revenu vers toi ? Qui ose me parler ainsi? Que m'importe à moi que tu me connaisses ou non?

DON DIEGO

Adieu donc ; mais n'oublie pas qu'il y a un Dieu justicier!

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