SCÈNE IX
LE ROI, NËRÊDHA.
^ ' NÉRÉDHA, sans voir le roi. ..
, Je n’entends plus rien... lâchons de prévenir... (Le roi lui prend la main.) Ciel! ,
LE ROI
Rassurez-Vous, ma belle enfant, et relevez cette tôle charmante.
NÉRÉDHA, tremblante.
Que Votre Altesse me pardonne... mais le respect... la crainte...
LE ROI
Et quelle crainte ma vue peut-elle vous inspirer?., mes ennemis seuls ont tout à craindre du roi d’Espagne,* mais vous, une femme!., et la plus jolie qui soit au monde!., n’est-ce pas plutôt à moi de trembler devant tant de charmes et de craindre d’y laisser à la fois mon repos et mon Cœur?
NERÉÜHA, à part.
Oh ! comme il est aimable pour un roi!
, LR ROI. '
Allons, donnez-moi cette petite main que Fémotion agite et venez là... près de moi. (il i^i fait asseoir aurledNan.) MaiiUciiant, levez vos beaux yeux et regardez. Ai-je donc l’air si farouche? ,
NÉRÉDHA, timidement.
Non, pas trop.
t LE ROI, se plaçant près d’elle.
Alors, c’est ma réputation qui vous faisait peur?
ISÉRÉOHA,
Un peu !
DQN PEDRE.
LE ROI-
Il paraît que mes chers üiijets m'en font une belle.
NÉRÉDHA. , ,
On dit surtout que Votre Altesse est bien sévère.
LE ROI, avec sévérité.
Pour ceux qui m’offensent ou me bravent, c’est vrai, quand je ne prends conseil que de ma colère. ,
^É^ÉDHA^ à part*
Pauvre Fabio !
LE HOl, avec douceur. '
J Mais si j'avais toujours Auprès de moi un ange bienveillant, cette colère s’adoucirait bien vite. Ne savez-vous pas, ma gentille Arabe, que le lion de vos déserts peut être apprivoise?
NÉRÉDHA.
Eb bien! seigneur... (s'arrèiaut.) Oh!., non, non... je n’oserai jamais.
LE ROI
Quoi donc?., parlez... je vous en prie... '
. NÉRÉDHA.
Votre voix vient d’être si douce que j’ai eu presque envie de vous demander une grâce!
■ 1 LE ROI, se levant.
Une grâce, à moi?.. Ah! parle! ta jolie bouche peut tout demander et tout obtenir! Tu gardes le silence!.. Faut-il que je
devine? (ll l’amèue sur le devant de la scène.)