‹ Don Sanche d'AragonChapitre 62 sur 111 · D . A L V A II · texte numérisé non relu

D . A L V A II

Qu'étant né son sujet jamais je la méprise!

Que me voulez-vous donc? Vaincu par don Carlos,

73"). L'astre qui influe sur la dcslinéc, 1^9. Matiiais tour serait aujourd'hui

la destinée elle-même. liurement comique. D. Elvire accuse

Sous quel astre eniieini faut-il que je sois née? 'ci les mauvais subterfuges de

(Rttcioe, Mitliridate, I. 2.) D. Alvar. Voj-cz lâche tour au vers

7.37. Sur ver.'! pour envers, voyez la 1T04. note du vers G79.

Aurez-vous quelque grâce à troubler mon repos? En serez-Yous plus digne? et, par cette victoire, Répandra-t-il sur vous un raj-on de sa gloire? 750

J). ALVAR

Que j'ose présenter ma défaite à vos yeux î

Que me veut donc enfin ce cœur ambitieux ?

D . ALVAR

Que vous preniez pitié de l'état déplorable

Où votre long refus réduit un misérable.

Mes vœux mieux écoutés, ])ar un heureux effet, 755

M'auraient su garantir de l'honneur qu'on m'a fait;

Et l'Etat par son choix ne m'eût pas mis en peine

De manquer à ma gloire, ou d'acquérir ma reine.

Votre refus m'expose à cette dure loi

D'entreprendre un combat qui n'est que contre moi; 760

J'en crains également l'une et l'autre fortune.

Et le moyen aussi que j'en souhaite aucune ?

Ni vaincu, ni vainqueur, je ne ])uis être à vous :

Vaincu, j'en suis indigne, et, vainqueur, son époux;

Et le destin m'y traite avec tant d'injustice 765

Que son plus beau succès me tient lieu de sup[)lice.

Aussi, quand mon devoir ose la disputer.

Je ne veux l'acquérir que pour vous mériter,

Que ])our montrer qu'en vous j'adorais la personne,

Et me pouvais ailleurs promettre une couronne. 770

Fasse le juste ciel que j'y puisse, ou mourir,

Ou ne la mériter que pour vous acquérir!

Ce sont vœ'ux superflus de vouloir un miracle Où votre gloire oppose un invincible obstacle;

748. C'est-à-dire : scrcz-vous l)ioii relié Carlos. Sait-elle bien au juste ce

venue à... D. Alvar est ici un ])eu qu'elle veut et qui elle aime ?

sacrifié à Carlos, dont lu victoii'c sur 7Ô4. Lui aussi, D. Alvar est un

lui aj)paraît comme certaine. Mais « mourant « de tragi-comédie.

U. Elvirc elle-même a mauvaise grâce 771. Var. :

à quereller D. Alvar a|)rès avoir que- Et pliil nu juste ciel iiucj'y pusse...

(Ki.-iO-.ïG.)

Et la Reine pour moi vous saura bien payer 775

Du temps qu'un peu d'amour vous fit mal employer. Ma couronne est douteuse, et la sienne affermie; L'avantao-e du cbano^e en ote l'infamie. Allez; n'en perdez pas la digne occasion, Poursuivez-la sans honte et sans confusion. 780

La légèreté même où tant d'honneur engage Est moins légèreté que grandeur de courage; Mais gardez que Carlos ne me venge de vous.

Ah! laissez-moi. Madame, adorer ce courroux.

J avais cru jusqu'ici mon combat magnanime; 785

^lais je suis trop heureux s'il passe pour un crime,

Et si, quand de vos lois Ihonneur me fait sortir,

Vous mestimez assez pour vous en ressentir.

De ce crime vers vous quels que soient les supplices.

Du moins il ma valu plus que tous mes services, 790

Puisqu'il me fait connaître, alors qu'il vous déplaît.

Que vous daignez en moi prendre quelque intérêt.

Le crime, don Alvar, dont je semble irritée,

C'est qu'on me persécute après m'avoir quittée;

Et, pour vous dire encor quelque chose de plus, 795

Je me fâche d'entendre accuser mes refus.

Je suis reine sans sceptre, et n'en ai que le titre; Le pouvoir m'en est dû, le temps en est l'arbitre. Si vous m'avez servie en généreux amant Quand j'ai reçu du ciel le plus dur traitement, 800

J'ai tâché d'y répondre avec toute l'estime

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