Vers IOH.S-; voyez la note du pris au Cid
Que pouvait en attendre un cœur si magnanime.
Pouvais-je en cet exil davantage sur moi ?
Je ne veux point d'époux que je n'en fasse un roi;
Et je n'ai pas une âme assez basse et commune 805
Pour en faire un appui de ma triste fortune.
C'est chez moi, don Alvar, dans la pompe et l'éclat,
Que me le doit choisir le bien de mon Etat.
Il fallait arracher mon sceptre à mon rebelle,
Le remettre en ma main, pour le recevoir d'elle; 810
Je vous aurais peut-être alors considéré
Plus que ne m'a permis un sort si déploré;
Mais une occasion plus prompte et plus brillante
A surpris cependant votre amour chancelante;
Et, soit que votre cœur s'y trouvât disposé, 815
Soit qu'un si long refus l'y laissât exposé,
Je ne vous blâme point de l'avoir acceptée :
De plus constants que vous l'auraient bien écoutée.
Quelle qu'en soit pourtant la cause ou la couleur.
Vous pouviez l'embrasser avec moins de chaleur, 820
Combattre le dernier, et, par quelque apparence.
Témoigner que l'honneur vous faisait violence :
De cette illusion l'artifice secret
M'eût forcée à vous plaindre et vous perdre à regret;
Mais courir au-devant, et vouloir bien qu'on voie 825
Que vos vœux mal reçus m'échappent avec joie !
D . ALVAIl
Vous auriez donc voulu que l'honneur d'un tel choix Eût montré votre amant le plus lâche des trois ?
804. Elle aussi ! sa « j^loirc » le veut. Votre sort est (Vioheux, mais non pas déploré.
Notez qu'au dénouement elle épousera (Tl'- Corneilie, le Bn-y. extr., 3, 4.)
D. Alvar, qui ne sera pas alors roi C'est une expression toute latine,
plus qu'il ne l'est en ce moment. 814. Sur amour féminin, voyez la note