SCENE VI
D. JSABELLi:, D. LÉONOR, D. ELVIRE. CARLOS. D. MANRIQUE, D. LOPE. D. ALVAR, BLANCHE, U X GARD E
Princesses, admirez l'orgueil d'un prisonnier, 1695
(^u'en faveur de son fils on veut calomnier.
Ce malheureux pêcheur, par promesse ni crainte. Ne saurait se résoudre à souffrir une feinte. J'ai voulu lui parler, et n'en fais que sortir; J'ai tâché, mais en vain, de lui faire sentir 1700
Combien mal à propos sa présence importune D'un iils si généreux renverse la fortune,
Ciniiii. 120"; avec sujet dans Niromrdf, IGST. Di-ptaisir.i ; voyez la note 4 de
G5, 386, etc. Voyez-le écrit de même au la p. 2'J.
milieu du vers 1224 de Pompée. 1(>92. « Ce dernier vers est très beau 1685. Minuit Iciix semble un peu fort; et di^'iie de Corneille. Au reste le démais D. Isabelle aime Carlos justement nouenicnt est à l'espajriiole- » (Voltaire.) parce qu'elle l'admire, et il y a quelque 1G99. Jù n'eu fait r/ite sortir, et je viens chose de mystérieux dans son origine seulement d'en sortir, coinrae d'extraordinaire dans ses ex- 1701. Et le malheureux n'a pas comploits. pris! En vérité!
Et qu'il le perd d'honneur, à moins que d'avouer
Que c'est un lâche tour qu'on le force à jouer;
J'ai même à ces raisons ajouté la menace : 1705
Rien ne peut l'ébranler, Sanche est toujours sa race ;
Et, quanta ce qu'il perd de fortune et d'honneur.
Il dit qu'il a de quoi le faire grand seigneur,
Et que plus de cent fois il a su de sa femme
{Voyez qu'il est crédule et simple au fond de l'âme) 1710
Que, voyant ce présent, qu'en mes mains il a mis,
La reine d'Aragon agrandirait son fils.
[A D. Léonor.) Si vous le recevez avec autant de joie. Madame, que par moi ce vieillard vous l'envoie. Vous donnerez sans doute à cet illustre fils 1715
Un rang encor plus haut que celui de marquis. Ce bon homme en paraît l'àme toute comblée.
[D. Alvar présente à D. Léonor un petit écrin qui s'ouvre sans clef^ au moyen iV un ressort seeret.]
D . ISABELL E
Madame, à cet aspect vous i)araissez troublée.
D. LÉONOR
J'ai bien sujet de l'être en recevant ce don,
Madame; j'en saurai si mon fils vit, ou non; 1720
Et c'est où le feu roi, déguisant sa naissance.
D'un sort si précieux mit la reconnaissance.
Disons ce qu'il enferme avant que de l'ouvrir.
Ah! Sanche, si parla je ])uis le découvrir,
1704. Cette expression de lùcltc tour, 1712. A^ranilirall son fils, accroîtrait qui semblerait aujourd'liiii peu tragique, la fortune, la situation de son fils.
se retrouve au vers 1074 de ]\'icomè(Ic ; Elle a voulu le perdre, et non pas m'a^randir.
le vieil Horace (Horace, 1029) ne trouve [Nioomede, 1V58.)
pas de mot plus énergique pour flétrir l''!'?'- Toute comblée de ioie (en).
la prétendue lâcheté de son fils. 1"^20. Var. : Madame; j'y saurai....
1705. Avec les intentions les plus (1655.)
pures, donAlvarajouélàunrolequelquo 1721. Et c'est où, etc'cst dans ce cof-
peu équivoque. f'"ct que... « C'est où le roi le mène.... »
1706. Sa race, son sang, sou fils. [Horace, 1155.)
Adieu, prince, vivez, difjne race des dieux. ., , X ' , ^^' ' i- „ i -, ja„^„,.~„
Racine Jnkinenie V 2) ^1' ' Sanche, si par la jc le puis découvrir,
1/10. Voyez que, voyez comme, ainsi .\urcz dans l'Aniiron nnc puissance entière.
<[u'au vers J150. ' [IGoO-liô.)
Vous pouvez être sûr d'un entier avantage 1725
Dans les lieux dont le ciel a fait notre partage ;
Et qu'après ce trésor que vous m'aurez rendu,
Vous recevrez le prix qui vous en sera dû.
Mais à ce doux transport c'est déjà trop permettre.
Ti'ouvons notre bonheur avant que d'en promettre. 1730
Ce présent donc enferme un tissu de cheveux Que reçut don Fernand ])our arrhes de mes vœux, Son portrait et le mien, deux pierres les plus rares Que forme le soleil sous les climats barbares, Et, pour un témoignage encore plus certain, 1735
Un billet que lui-même écrivit de sa main.