Ci-dessus, p. iv
2. La richesse de Constantinople est encore mentionnée dans Florence de Rome, poème relativement récent (v. 120-121, éd. Wallenskôld) : Qui tient Constantinoble moût a grant seignorie, Conques ne Ju citej de trésor si garnie.
renouveleur ait reproduit mécaniquement un passage de son original. Il faut cependant observer que, si l'auteur du roman espagnol a fidèlement résumé, en celte partie du récit, le poème qu'il avait sous les yeux, il n'y avait pas de place dans ce poème pour une conversation paisible entre Landri et ses compagnons sur la richesse et la force militaire de la ville de Constantin '.
Nous croyons donc que la conséquence tirée par M. Meyer des vers cités a bien des chances d'être juste et que cet indice vient s'ajouter à ceux qui nous obligent à placer la rédaction de notre poème au plus tard dans les premières années du xiii« siècle.
Avant de passer aux questions d'histoire littéraire que soulève Doon de La Roche, nous devons parler ici de l'aspect du texte. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'idée primitive de M. Meyer, quand il préparait pour l'impression la copie du manuscrit de Londres, était manifestement de s'écarter de ce manuscrit aussi peu que possible, et d'en conserver la graphie. Lorsque, après un long intervalle, il s'occupa de nouveau de Doon deLa Roche, il changea de système, probablement sous l'influence des fragments qui lui avaient été communiqués par M. Lelong et dont la langue, ainsi que nous l'avons vu, ne présente pas le caractère nettement lorrain du manuscrit. En établissant le texte, M. Meyer adopta une graphie très rapprochée du francien. Nous avons suivi ce système, malgré ses inconvénients, car l'abandonner et revenir à la graphie du manuscrit, c'eût été recommencer tout le travail et retarder indéfi-
I. M. Benary (p. 3i8, note, de son mémoire) s'est efforcé de trouver un rermiMMs a ^uo dans une prise de Laodicée (Lalice) parles Musulmans en 1 188. Mais comme cette ville est fréquemment mentionnée dans les chansons de geste, un trouveur, voulant raconter une guerre entre Byzantins et Sarrasins, pouvait facilement tirer de son imagination une prise de Lalice par ces derniers, sans avoir présent à l'esprit un fait réel et contemporain.
INTRODUCTION XXXIX
nimentune édition attendue depuis des années. Dans la partie du texte que nous avons eue à établir', nous avons par conséquent maintenu autant que possible l'orthographe adoptée par M. Meyer, notamment la distinction d'an et d'en, d'^ et de ^, issu de f -|- 5. Certaines inconséquences étaient difficiles à éviter ; on voudra bien nous les pardonner*. — A partir du v. ii8, M. Meyer n'avait pas cru utile de noter intégralement dans les variantes toutes les leçons corrigées dans le texte.
Dans l'édition d'un texte qui ne nous est parvenu, à 36o vers près, que dans un manuscrit unique, de date récente et plein de fautes, il fallait nécessairement avoir recours à la critique conjecturale : M. Meyer ne s'en était naturellement pas fait faute \ et, d'autre part, M. Antoine Thomas a remédié par des émendations personnelles à des passages qui semblaient désespérés et à d'autres dont l'altération avait pu échapper à un lecteur moins attentif et moins familier avec notre ancienne langue. Nous n'avons pas cru nécessaire d'indiquer chaque fois le nom de l'auteur de l'émendation; le lecteur voudra bien admettre que les meilleures conjectures sont de MM. Meyer et Thomas, les moins bonnes de l'auteur de ces lignes.
M. Meyer, en préparant une édition, songeait à tout : j'ai trouvé dans ses papiers, outre quelques notes pour l'Introduction, un embryon de Glossaire, et même des éléments pour l'Index des noms propres. Tout m'a été fort utile.