‹ Doon de la Roche, chanson de geste, pubChapitre 31 sur 62 · Article cité, p. i3, note · texte numérisé non relu

Article cité, p. i3, note

INTRODUCTION CI

On peut par conséquent identifier ' le La Roche de E et F avec la ville de Laroche dans le Luxembourg belge, localité certainement ancienne et qui était jadis le chef-lieu d'un comté. 11 est vrai que La Roche, dans E aussi bien que dans F, est représentée comme une ville fortifiée, tandis que le Laroche belge ne fut entouré de murailles que dans la première moitié du xiv^ siècle '; mais on sait que, en pareille matière, les auteurs de chansons de geste ne se piquent pas d'une exactitude absolue.

Le nom d'Olive^, qui se trouve à la fois dans F, dans E (« Olive ») et dans N (« Olif »), se lisait certainement dans le poème archétype (O').

Dans A^, le traître s'appelle Milon ; M. Benary a déjà fait remarquer (p. 35 5 de son mémoire) que Milon est un nom de traître dans Aye d'Avignon, Gui de Bourgogne et Bovon de Hanstone; il peut donc remonter au poème français primitif.

Le nom de « Tomile », que donne F, se retrouve, légèrement modifié (« Tomillas »), dans E : il se lisait donc dans 0\ Ce nom manque dans la Table de M. E. Langlois ; il a l'air fabriqué, peut-être sur ie modèle d'Amile *.

La fille du traître, seconde épouse de Hugon

1. Ainsi que l'a déjà proposé M. Benary, p. 358 de son mémoire.

2. A. de Leuze, Histoire de Laroche et de son comté (Arlon, i88o, in-8°), p. 6.

3. Ce nom paraît emprunté à l'hagiographie : la liste alphabétique des saints dans L. de Mas-Latrie, Trésor de chronologie, mentionne cinq sainte» du nom d'Olive. Ce nom se retrouve dans FAie de Saint-Gille et dans Yde et Olive, suite de Hiion de Bordeaux (voir E. Langlois, Table) ; ces deux poèmes l'ont probablement emprunté à Doon de La Roche.

4. Dans les romances espagnoles qui se rattachent à la chanson d'Aiol, le traître s'appelle « Tomillas * (voir G. Paris, Hist. poétique de Charlemagne, p. 212). Ce nom est probablement emprunté à la version espagnole en prose de Doon {E).

cil DOON DE LA ROCHE

(=: Doon), s'appelle Aglavia dans AT, nom qui paraît singulier et qui ne se trouve pas dans l'onomastique de l'épopée française '.

Le fils issu du second mariage de Hugon (= Doon) avec cette femme s'appelle Malalandres dans N. G. Paris (p. 109 de son analyse) a restitué avec beaucoup de vraisemblance comme nom français Mallandri; le nom aurait été inventé pour faire antithèse à Landri. Dans F, ce personnage s'appelle Malingre \ dans £", où il ne paraît qu'une fois, Malindre (fol. d. iii, r° et v°). Cette forme semble à première vue un intermédiaire entre Mallandri et Malingre, mais il est plus probable qu'on est en présence d'une altération pure et simple de Malingre '.

Cet examen des principaux noms ne répand pas autant de lumière qu'on le désirerait sur la question importante de la véritable nature de A^. Le traducteur anglais de O' a changé, semble-t-il, certains noms de son original, mais, d'autre part, l'auteur de O* paraît avoir innové dans l'onomastique du poème, de même qu'il en modifie profondément le contenu.

1 . Il en est de môme de « Siliven «, nom de la nourrice et conseillère de Landri dans N.

2. Malingre est le nom d'un Sarrasin dans la Chanson d'Antioche, et celui d'un personnage de la lignée de Ganelon dans une variante de Gui de Bourgogne (voir E. Langlois, Table), « Malyngres » figure parmi les parents du traître Macaire dans l'ancienne traduction espagnole en prose de la Reine Sébile, p. 5i I, col. a en bas, de l'éd. Bonilla y San Martin, dans Libros de Caballerias, iv parte, Ciclo arturico, ciclo carolingico, Madrid, 1907, pet. in-fol. [Nuova Biblioteca de autores espanoles, VI). — Au moyen âge, le nom de Malingre a été porté par des personnages réels (cf. Bulletin de la Société des Anciens Textes Français, III, 97). Aujourd'hui c'est un nom de famille; le Bottin de Paris pour 19 18 compte trois « Malingre ». Les rapports de ce nom avec l'adjectif malingie ne sont pas bien éclaircis.

INTRODUCTION CIII

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