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offrira plus lard des fleurs à la Reine dans son .cïw>}MJt, Nous soin^nes donc bien en pleine Conciergerie: m^i^ yoÂci que la lettre est interrompue pçir la translation de raccusée... i©<i? à la Conciergerie, dans laquelle ejùie se trouve déjà! La prison même dans laquelle elle est devient pour elle xmfi novn velle prison ^ on ne sait comment; la lettre qu'dje a écrite, sans changer de place, est tronquée on ae sai,t pourquoi ! Ce ne serait là qu'une inadvertance sans portée, si la confusion des lieux ne conduisait directement à la confusioii des idées, et à cet amalgame poétique mais imaginaire de la mort let de Tenj-ouement qui se m^élent dans la coupiC du dernier adieu.
M. Michelet — Histoire de la Révolution française^ t. VI, ch. IV, p. 166:
(( Transférée le 14 au matin à la Conciergerie, jelle écrivit (( le soir une longue lettre à Barbarou^ , lettre évidemment « calculée pour montrer par un enjouement (qui attwte H fait « mal) une parfaite tranquillité d'âwie» >'
Nous avons vu M* de Lamartine embarrassé poiir placer l'interruption qui sépare les deux lettres, M. Michelet supprin^e cette interruption , Suivqint lui , Charlotte de Corday n'aurait écrit qu'une seule et longue lettre, le soir du 16 juillet, à la Conciergerie.
Mais alors que devient l'épigraphe de cette lettre : « Aux prisons de l'Abbaye? » et ce^ mots : « De la çi-devant chambre de Brissot? » lequel était lui-même détenu en ce moment à l'Abbaye — et enfin ce début de la seconde lettre : « Ici on m'a transférée à la Conciergerie... je continue...? »»
La lettre avait donc été commencée à l'Abbaye; elle a été écrite en deux fois, en deux prisons différentes.
Cette rectification , nous le montrerons bientôt , détruit
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l*hypotIiè$e d'affecttitiôn èft de calcul que Téminent historien p^ésfentfe aXrêfc bienveilla^ïce, mais qui 'devîèht un Wâme sous lii phime 'dhm autre écrivuîïi (1).
M. Louis Blanc — Histoire de la Révolution^ i. IX, "clh. IH-, p. '^S : « Rre«i <!e plus mét"6 qufe te style de cîe dôèuéàent. « Où y trouve «certaînenreM de là fôrce, des élans de sensî- * Wlité, dt l'élévation, une âfiofe maîtrtisfee d'èllé-mêttie , « mais à côté de èela, uïie affectation manifeste d^enj^neinent, « un ttm de plaisanterie qui ressemble trop à Att calcul, wtié « préoccupation de gloire toute païenne,.. » (P. 94.)
Suivent dès extraits pris aiîi haisard et des phiràses citées sans suite.
Rren, en effet, n'est plus mélB (pie le styiiè de teé docurtd^ttt quarnd ^n en mélatage les diverses parties ; biais qu'on téplace chacune d'elles è sa date , . dans sa situation, à ^oh point de vue véritable, et on arrivera à une appréciatioh dirèctettent contraitié. C'est ce ifxe nous allons èsisityéi* de démontrer en mettant l'analyse des dièUx lettres éh rîegàrd dé U pro^dtxne.
Là pireinière teltre est composée de deux feuilleta formât petit î&-t[uarld : ^it de ces feuillets sont entièrement iremplis,
(1) M. de Barante, Histoire de la Convention, 1. 111,1. V,p. 198, présente 1^ iait^ dé la tnème manière, métis il ajoute : qn^ la lettriê adressée à Barbarôut était dntée de Ui charhbre de Bri^oty ce qui revient à dire ^tië Charlotte aurait écrit de la €onciergerie une lettre datée de TAbbàye. — « Brissot ne fut transféré à la Conciergerie que le 6 octobre, pbur être jugé le 24 avec les Girondins. 11 était à TAbbaye depuis le 26 juin, lorsque Charlotte de Corday y fut incarcérée, et elle lui succéda dans cette chambre , qui était la prison des nouveaux arrivants, comme Brissot avait lui-même succédé à madame Roland. » {Mémoires de madame Roland ^ vol. II , p. 95.)
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et le septième est inachevé. On lit ces mots en tête de la lettre : Aux prisons de T Abbaye, dans la ci-devant chambre DE BrISSOT , LE SECOND JOUR DE LA PRÉPARATION DE
LA Paix.
Ces dernières expressions sont tout à la fois une date* et un symbole choisi par Charlotte de Corday pour désigner indirectement la mort de Marat, et montrer qu'elle . n'ava it frappé dans TAmi du Peuple que l'ennemi de la Paix publique. L'intention de présenter la mort de Marat comme la préparation de la Paix, se retrouve traduite et développée plus bas, dans les lignes qui suivent le récit de l'événement : « Puisse la Paix s'établir aussi prômptement que je la désire ! Voilà un grand préliminaire ! sans cela nous ne l'aurions jamais eue... )) Et ailleurs : « Il faut du moins fonder la Paix, le gouvernement viendra quand il pourra. » (Lettre à Barharoux, p. 5, verso.)
Ce sont les mots inscrits en tète de l'Adresse aux Français « amis des Lois et de la Paix; » et c'est encore par un appel aux vrays amis de la Paix que se termine la dernière lettre de Charlotte. Sa préoccupation constante est de faire apparaître l'acte sanglant qu'elle s'est imposé sous l'aspect de la Paix rendue à la patrie , delà Pacification de la France! C'est là pour elle une devise, presque un mot d'ordre (1).
(1) Tel était celui de TAssemblée de Résistance, nettement indiqué dans ses proclamations, ce La force départementale qui s'achemine vers Paris ne va pas chercher des ennemis pour les combattre ; elle va fraterniser avec les Parisiens, elle va raffermir la statue chancelante de la Liberté ! » L'armée fédéraliste espérait qu'arrivée sous les murs de Paris , elle serait accueillie par la population honnête, et que tout se terminerait comme au 29 mai entre le bataillon de la Butte-des-Mouiins et le faubourg Saint-Antoine. Il est probable qu'en se préparant à la guerre , les chefs du mouvement déparle-
La date n'est pas exprimée par des chîffires ou par des nombres en toutes lettres, mais elle contient une indication qui en est Téquivalent.
La mort de Marat avait eu lieu dans la soirée du samedi 13 juillet ; la lettre datée du second jour de la préparation de la Paix, ce qui n'est autre chose que la mort de Marat, est donc du lundi 15 juillet, vers le soir.
Ce même jour, et aussi vers le soir (1), Charlotte adressait au comité de sûreté générale une demande que nous avons insérée dans le premier dossier, p. 64, n® 26, et qui commence en ces termes :
« Puisque y ai encore quelques instants à vivre, pourraisje espérer , citoyens , que vous me permettrez de me faire peindre, etc.. »
Comment Charlotte de Corday pouvait-elle savoir qu'elle avait encore quelques instants à vivre? Comment pouvaitelle s'énoncer à cet égard avec une sorte de certitude, en face du comité de sûreté générale ? A quelle circonstance sousentendue faisait-elle allusion par cette phrase qui commence sa lettre, et semble se référer à un fait connu du comité lui-
mental et les députés réfugiés se défendaient de la pensée d*étre les auteurs de la guerre. Ils ne voulaient que résister à roppression ; ils prenaient pour devise de leurs bannières : Les Lois ou la mort! Ils étaient donc amenés à professer une sorte de culte pour la paix. C'est à cette espèce de dogme politique que pouvait faire allusion Charlotte de Corday par cette répétition si remarquable de la même idée, et Bougon-Longrais, qu'elle désigne spécialement comme u un homme sensible et aimant la paix », devait être un de ces vrays amis de la paix auxquels elle fait appel dans son adresse aux Français et sa lettre à Barbaroux.
(1) C'est Charlotte elle-même qui le dit dans sa lettre du mardi : « J'avais eu une idée hier soir de faire hommage de mon portrait au département du Calvados, mais le Comité de salut public, auquel je l'avais demandé, ne m'a pas répondu. »
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même? G esa tfâns les actes de la {yrocéttùrè ^ue cfeb qaestiofis irnuYètit levr^ réponsres.
Au moment où Charlotte de Corday fut jugée , Ife tHlrti- Dftl pévotationnaire procédait tofû-sfeùtemètot kvèc régularité, mais m^me avec une H^ertaifre tentéuf ; )efs lacbti^és né ôbmp^raissaîent pus directemevit à 'Paudienèe : ils Paient intef^rogés, il y avait une instruction préliminaire, un Jtigeiftent de renvoi et de prise de corps était rendu contre eux ; ils n'étaient transférée de la maison d'arrêt dans la maison de justice qu'après la notification de ce jugement. On leur notifiait, en outre, la liste des jurés, celle des témoins ; ils étaient donc avertis du jour du jugement par les actes que nous venons d^indiquer , par le fait de leur translation à la Conciergerie du Palais, et enfin par la citation à Comparaître qui leur était donnée la veille, au plus tard , par les huissiers du tril)unal (1).
Or, ie lundi soir, Charlotte de Corday était encore à TAbbaye-
L*acte d*aôcusatiôn, te jugement de prise àe corps, les notifications, n'avaient pas eu lieu , ôôiîime on peut s^en con-
(1) La citatkm directe devant le Tribilmil Révolutiôaiiaire ne fat introduite que par la loi du 3â prurial an II : « L'accusé sera intèrrof(é à TAiiâience et en public. La formalité de Finterrogatoire secret qui précède est supprimée comme superflue. » (Art. 180 ^^ m^^ ^^^^ Avons dit de la lenteur relative du Tribunal Révolutionnaire, pendant les premiers i^is de son existence, est établi par le dépouillement d*un grand nombre de dossiers que M. Campardon a bien voulu faire pour nous. La notification de Tacte d'accusation précède constamment la comparution à Taudience de plusieurs jours, et celle des jurés et des témoins est toujours donnée au moins 24 heures à Tavance. Plus tard , les citations furent remises la veille de Faudience à une heure assez avancée : c'est ce qu'on appela, dans le langage des prisons, lejom'nal du soir.
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vaiaere en examinant la date de ces diffépejits actes, qui sottt tous du mardi 16. — (V. deuxième dossier, p. 70 , pièces n*»* 2 à 15.)
Dès lors, le lundi 15, la nuit éttfnt arrivée, et ces formalités préalables ne pouvant plus être remplies, il était certain que Taccusée ne serait pas jugée le lendemain. Sans doute elle ne pouvait pas faire elle-même un tel calcul, mais ^lle était environnée^ dans la prison, de personnes qui pouvaient le faire pour elle : huissiers venant pour leur service, défenseurs officieux, visiteurs, concierges. On sait qu'elle se louait de ceux-ci, déclarant qu'ils avaient été pour elle les meilleures gens possible.
Elle était d'ailleurs en contact avec les membres du Comité de surveillance. Le Comité, malgré le décret de renvoi de l'accusée devant le tribunal, était resté saisi de l'affaire ; il avait gardé le dossier, il poursuivait une information active, qui lui avait fait découvrir cette voyageuse dont parle Charlotte (1), les voyageurs avec lesquels elle était venue de Caen, des témoins compromettants pour Fauchet.
L'accusée elle-même avait été interrogée par les membre* du Comité, et ils avaient pu lui faire savoir que probablement elle ne serait pas jugée le lendemain. (Voir sa déclaration à l'audience : « le Comité de salut public m'a promis y » infra^ p. xxxii.)
Cette probabilité étant devenue une certitude, le lundi soir on remarque que son attitude se modifie. Jusque-là
(1) C'est par la voyageuse qui était avec moi qu'ils ont su que j'avais parlé à Duperret (page 1 verso, ligne 6). Les éditeurs précédents avaient tous lu et imprimé Les voyageurSy ce qui est incompatible avec le mot était qui suit. Nous verrons cette voyageuse citée comme témoin aux débats.
elle était restée immobile , s'âttendaat à être jugée sans forme de procès , et à comparaître d*un instant à l'autre devant le tribunal. Aussi , n'avait-elle rien entrepris qui pût comporter une certaine durée. Elle passait son temps, dit-elle, à écrire des chants patriotiques et à donner aux Parisiens le dernier couplet de l'Hymne aux Hommes du Nord de Girey Dupré (1). Mais la perspective d'un sursis se présente. Ce n'est pas assurément l'espoir de la vie , c'est seulement l'ajournement de la mort immédiate, attendue jusqu'alors. L'accusée peut compter sur une journée entière : aussitôt,
(1) Cet hymne, ayant d'abord paru sans nom d'auteur, fut attribué à Valady , mais il est de Girey Dupé* (V. Vaultier, Souvenirs du Fédéralisme , p. 70 et 71. — Et la note de M. Ilancel,p. 275.] Voici les deux derniers couplets de ce chant, qu'on appela alors la Marseillaise des Normands.
Saintes lois, liberté, patrie.
Guidez nos bataillons vengeurs ; Nous marchons contre Tanarcbie, Certains de revei^ir vainqueurs.
^ De Septembre tristes victimes,
Vos bourreaux vont être punis, France, tes lâches ennemis Vont enfin expier leurs crimes.
Aux armes , Citoyens ! etc.
Pour la ville deGaen.
Cité républicaine et fière,
Caen, sois la Marseille du Nord ,
Porte toujours sur ta bannière :
Le règne des lois ou la mort !
Dans ton enceinte hospitalière
Tu reçus nos représentants.
Ah ! qu'aux Français reconnaissants
Ta gloire à jamais sera chère !
Aux armes. Citoyens; terrassez les brigands ! La loi, c'est le seul cri (frw;, c'est le vœu des Normands.
elle va mettre le temps à profit : elle demande pour le lendemain un peintre en miniature.
Elle prévoit qu'elle aura encore à subir pendant plusieurs nuits la présence des gendarmes, et elle insiste pour qu'on la laisse dormir seule.
Enfin y elle songe à ses amis , à la promesse qu'elle a faite de rendre compte de son voyage , et elle se met à l'œuvre avec la liberté d'esprit d'une personne qui ne craint pas d'être interrompue, et qui commence un long récit : « Vous avez désiré le détail de mon voyage , je ne vous ferai pas grâce de la moindre anecdote. . . d
Alors sa plume court sur le papier , et elle se livre à ce qu'elle appelle elle-même la légèreté de son caractère , et ce que nous appellerons , nous, un penchant visible à Tironie. Lorsqu'elle écrivait à son père, sur les députés réfugiés à Caen, elle traçait leurs portraits, et malgré la gravité de la situation et du dessein qu'elle avait déjà conçu, elle se permettait sur leurs personnes des plaisanteries dont elle s'accuse (page 5 , ligne 2, de sa première lettre). Ici elle va être la même : à mesure qu'un nom ou qu'un souvenir se présente à son imagination, il provoque une mordante épigramme.
Elle raille d'abord les Montagnards de la diligence , dont les propos sont aussi sots que les personnes désagréables , et elle immole particulièrement celui qui lui offre à première vue sa fortune et sa main. La tournure railleuse de son esprit se peint bien dans cette scène qu'elle rapporte : « Nous jouons parfaitement la comédie ; il est malheureux avec autant de talent de n'avoir point de spectateurs; je vais chercher nos compagnons de voyage, pour qu'ils prennent leur part du divertissement.. ••)> Puis elle arrive à l'exécution de son projet ; mais l'idée de MaraL se présente, et en
passant, elle lance un: trait mordant aux Mânes de ce gmsÊà Homme ! trait aussitôt relevé par un mouvement où respire un sentiment si nationak « Pardon, humains ! ce mot déshonore votre espèce; ••. grâce au ciel il n'était pas Français (1) ! » De Marat , Charlotte passe à Chabot , qui a Tair d'un fou , et à Legendra, dont elle châtie la suffisance. Camille Desmoulins, si bon juge en» fait d'esprit et de style, a relevé ce passage de la lettre àtBarbaroux, comme un modèle de fine plaisanterie.
a Au fond, dit-il dans un de ses pamphlets, en parlant de Legendre,.c*est un excellent patriote, qui ne manque pas de bonhomie et qui n'a que le défaut de se croire, après dîner, le plus grand personnage de la république.... 11 parait par la lettre de Charlotte Cordày, qu'au premier abord' elle avait deviné cette maladie de notre homme.
a J'étais présent, chez ce pauvre Marat, lorsque Legendre lui demanda : c N'est-ce pas vous qui êtes venue chez moi ce matin, et qui vous êtes dite a religieuse ? Sûrement vous vouliez me tuer. » Ni la gravité de la situation, ni le trouble du meurtre qu'elle venait de commettre , ne lui déroba dans cette question le côté comique que Molière n'aurait pas mieux observé. EW». saisit finement au fond de l'interrogation l'étomiement de l'amour- propre de Legendre, de ce qu une femme qui venait de tuer le premier homme de la Montagne ne lui eût pas donné là priorité; et dans sa lettre à Barbaroux, en parlant de> cette question de* Legendre, elle» se moque de» ses prétentions* au martyre. » (V. Paul Delasalle, Ch. Corday, p. 297). Camille Desmoulias. rappelait ici ces mots de la lettre de Charlotte : « Legendre voulait m'avoir vue le matin, moi qui n'ai jamais songé à cet homme. Je ne lui crois pas d'assez; grands moyens pour être le tyran de son pays, et je ne prétendais pas punir tasM; de monde. » (Page 3% ligne 4^.) »
Les dernières paroles attribuées à Marat ramènent une
(1) Il est assez difficile, a dit M. Bovet dans son intéressante notice sur Marat Quérard, 2« année, p. 463, d'assigner une patrie à Marat; né à Boudry, canton de Neufchatel, au moment où la Prusse en avait la suzeraineté , il est parfois appelé V Araignée prussienne dans les pamphlets du temps.