PROCÈS-VERBAL DE RECHERCHES
L'an mil sept cent quatre-vingt-treize, deuxième de la Republique Françoise, le quatorze juillet, quatre heures de relevée.
Nous, Jean-Antoine Delorrae , Commissaire de police de la Section de 1792.
Vu l'ordre des citoyens Figuet et Michel, administrateurs du Département de Police, en date du quatorze juillet, à nous transmis par les citoyens Cavanagh et Mercerot , officiers de paix, avons fait coraparoître le citoyen Guîilot, portier du sieur Odiile, rue Gaillon, numéro trente (i).
Interpellé de nous déclarer ce qui pouvoit être à sa connoissance directe ou indirecte relatif à la conspiration et assassinat commis par Marie-Anne-Charlotte Corday , sur le citoyen Marat ; a dit qu'il n'a voit aucune connoissance , directe ou indirecte , de correspondance, affiliation ni projet qui puissent y avoir aucun rapport.
A lui demandé quelles sont les personnes logées dans ladite maison.
A dit la citoyenne veuve Derothe, vivant de ses revenus ; la citoyenne veuve Musseher, vivant également de son bien, le surplus de ladite maison étant occupé par des bureaux pour l'habillement des troupes.
A lui demandé par qui sont tenus ces bureaux , et qui en sont les chefs.
A dit ne connoitre qu'un seul des chefs, nommé Piquet, qui vient quelquefois dans lesdits bureaux, mais ne loge
(a) C'est le nom de la première personne inscrite après Du Perret sur la liste trouvée chez Charlotte.
point dans lacEte maison, et qu'il demeure rue Neuve- des- Petits-Champs, près la rue Saint-Roch , qu'aucuns des employas ne lui est^ connu de nom , et ne loge dans ladite maison.
A lui demande ûe se rappeler si personne autre n'y loge?
 dit qu'il y avoit encore un nomme Dieuzede , garçon de bureau, et sa femme qui sont ëgallement loge depuis environ deux ans; et un nomme Frangeole, vivant de ses revenus, et sur son attestation, que personne autre n'y ëtoit loge à Texception d^un particulier garçon 'en mënage depuis trois on quatre jours seulement , et dont il ne se rappelle pas le nom.
A lui demande s'il s'appelle Odille ?
A dit que non , et qu'il n'y avoit personne de ce nom dans ladite maison.
Lecture à lui faite de son interrogatoire et de ses réponses, a dit icelles contenir vente', y a persiste, et a signé avec les citoyens Cavanagh, Mercerot, officiers de paix.
Le citoyen Raffi, Commissaire, civil de notre Section, et nous ainsi signe :
Pour expédition : Cavanagh , Mercerot , Raffi
et Delormb.
Pour expédition certifiée conforme à la minute :
D£LORMB.
— iS