‹ Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday, devant le Tribunal révolutionnaireChapitre 2 sur 84 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Puisque nous nous adressons aux amateurs de recherches historiques^ nous ferons appel à leur concours, et nous solliciterons ceux qui seraient posseurs de documents relatifs à Charlotte de Corday, et voudraient les publier, de vouloir bien nousen donner communication. Le travail, dont nous commençons aujourd'hui la publication, u'est, à vrai dire, qu'un Recueil où peuvent trouver place tous les renseignements qu'on voudra bien y insérer et qui paraîtront avec l'indication religieuse«^ ment conservée de leur origine et de leur propriétaire.

Nous signalerons comme documents à rechercher, et qu'il nous a été impossible de découvrir, jusqu'à présent :

4.*» L'interrogatoire suhj par Charlotte de Corday, entre celui du 13 juillet, qui est constaté par le procèsverbal de flagrant délit, — et celui du i6, qui eut lieu devant Montané.

L'existence de cet interrogatoire est prouvé par la lettre de Charlotte à Barbaroux, les œuvres de Lanjuinais, par les anecdotes d'Harmand de la Meuse.

La Convention ordonna que Tinterrogatoire de Charlotte Corday fut imprimé avec le rapport de Drouet.

Nous avons bien trouvé le rapport de Drouet imprimé, — mais non l'interrogatoire , qui aurait dû y être joint.

2.'' L'interrogatoire de M. de Corday d' Arment, père de Charlotte de Corday.

L'auteur de l'ouvrage intitulé : La Guerre des Vendéens ei des Chouans (Paris , 1824, in -8, A vol.), donne un extrait de cet interrogatoire. (T. I, p. 415 et 416.)

Nous nous sommes assuré qu'en effet l'interrogatoire avait été subi à Argentan, le 20 juillet, par M. Corday d'Armont. Les registres des délibérations de la municipalité d'Argentan constatent que M. d'Armont fut interrogé, et que l'on fit une perquisition qui amena la saisie de deux manuscrits'. Une copie de l'interrogatoire et les pièces saisies furent envojfês à la Convention. — Nous avons fait de vaines recherches aux archives pour trouver ces documents qui seraient si curieux. — La minute du procès-verbal n'est pas à Argentan. Voici les seules traces que nous ayons trouvées de ces documents dans les registres des délibérations de la municipalité :

€ Aujourd'hui 20 juillet 1793, l'an 2/ de la république française.

c Le Conseil permanent de la commune d'Argentan^ instruit par les bulletins de la Convention nationale des séances de lundi et mardi derniers que le citoyen Marat, membre de la Convention , avait été assassiné par la nommée Marie-Anne-Charlotte Corday, ci-devant d'Armont, et que le père de cette fille demeurait en cette commune \ considérant qu'il étoit possible que dans les

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papiers du citoyen Corday père, il se trouvai quelques correspondances criminelles ou Indications des complices de ce crime, a nommé le citoyen Féval pour se transporter avec le citoyen Raux, membre du Conseil général, chez le citoyen Corday père, pour faire un interrogatoire sur les laits relatifs audit assassinat et qui pourraient être à sa connaissance, vérifier exactement ses papiers et y apposer des scellés s'il le juge convenable.

« Màheut, — Féval, — Dubois, — Prodhomme,*— Legointe

c Et ledit jour vingt juillet audit an,

« Le Conseil général s'étant fait donner lecture du procès-verbal dressé par le citoyen Féval, officier municipal, des déclarations faites par le citoyen Corday d'Armont, et de la perquisition par lui faite dans les papiers de ce dernier, a arrêté qu'expédition dudit procès- verbal, les deux exemplaires et le manuscrii qui luy ont été remis par ledit citoyen Corday , seront renvoyés par le prochain courrier à la Convention nationale pour y avoir tel égard que de raison.»

Mêmes signatures que ci-^dessus.

Il est hors de doute que Tinterrogatoire de M. d' Arment existait encore en 1824, puisque Tauteur de Touvrage précité, Savary, en a publié un extrait.

Nous aimons à croire qu'il n'a pas été détruit, et qu'il pourra être retrouvé. — L'analyse qui en a été donnée ne supplée évidemment pas au texte qui doit renfermer les détails les plus certains sur les premières années de Charlotte de Corday.

3 <^ Les lettres adressées par Ghariolte deCqrday à son père avant qu'elle ne partit pour Paris. Elle dit ellemême dans sa lettre à Barbaroux :

« Si Ton trouve m^tf /«l/ne^chez mon père, la plupart sont vos portraits, i^

Il est fort à craindre que ces lettres n'aienl pas été conservées, ou qu'elles ne soient perdues sans retour. Cependant les caprices du hasard sont tels qu'on ne doit jamais désespérer de retrouver des pièces dont le sort est inconnu.

Rien ne serait plus intéressant , à coup sûr, que les portraits des députés réfugiés à Gaên , tracés par Charlotte de Corday, et formant la contre partie de ceux qu'on lit dans les mémoires de madame Rolland.

4.' Les lettres adressées par Charlotte de Corday à Bougon Longrais, et dont parle M. Yaultier, dans son Essai surle Fédéralisme^ P>5^9 il dit : « M. Mesnil, administrateur du Calvados, consulté en mon nom à ce sujet, a répondu nettement <c qu'à Lisieux, au retour de la cam- « pagne de Brécourt, Bougon lui avait communiqué une « vingtaine de lettres par lui reçues de Charlotte, et toutes /' relatives à des sujets de littérature et de politique... »

S."" Des mémoires judiciaires publiés par M. de Corday d'Armont en 1787, à l'occasion d'un procès qu'il soutint contre MM. de Gautier, frères de sa femme. — L'un de ces mémoires a pour titre : Idée du procès. — Un exemplaire existait encore à Argentan il y a quelques années.

Tels sont les documents principaux qui peuvent exister et qui nous manquent encore : nous n'avons pas besoin

de dire que nous recevrons avec une égale reconnaissance les autres communications qui pourraient nous être faites. Nous ajouterons que considérant comme collaborateurs ceux qui voudraient bien nous honorer de leur concours, nous remettrons un exemplaire de notre publication en échange de toute pièce nouvelle ou document pouvant compléter Tœuvre que nous avons entreprise.

S'adresser à l' auteur ^ rue Neuve y 27^ à f^ersailles^

PREIIER DOSSIER

DÉPiBTEniT DE LA POUCE DE PARIS.

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