PIÈCES JUSTIFICATIVES
Les titres que l'on va lire servent à constater l'identité de la maison et à en faire connaître la consistance.
31 Juillet 1787.
Fût présent M« Michel Jouis père, huissier au baillage d* Argentan, demeurant en cette ville rue du Beigle.
Lequel pour s'acquitter envers le s' Antoine Jouis son frère, ancien marchand Tapissier, de la somme de 400 livres dont il s'est trouvé redevable envers luy par différents prêts d'argent et pour éviter les poursuites dont il est menacé, lui a vendu,
Une maison, située en cette ville nie du Beigle, dans la Cour Besnier, composée d'une salle, cabinet à costé, un cellier, un petit caveau sous l'escallier du dit sieur Vendeur, un petit jardin et une tannerie au bout du jardin, avec une allée pour l'accès des dites choses, et une cour devant.
Le tout joignant d'un costé le dit Vendeur, d'autre costé et des deux bouts la Demoiselle Belzais de Beauménil et le fossé Taneret.
Plus la moitié d'une maison indivise entre le s' Vendeur et ses enfans, située aussi en cette ville, sus dite rue du Beigle, consistante dans son intégrité, en une chambre, cabinet à costé, un grenier, et un cellier, le tout joignant d'un costé la veuve Prévost, d'autre costé le s' Dumesnil et le nommé Pemelle, d'un bout la cour commune, et d'autre bout le nommé Gautier.
26 TITRES J>t L4 MÀISOII
AuJOURDHui 8 Septembre mil sept cent quatre vingt sept.
Fût présent le s' Antoine Jouis, marchand tapissier, demeurant à Argentan, riie du Beigle.
Lequel pour satisfaire à la clameur lignagère* que ses neveux et nièces lui ont fait signifier par exploit du ministère de Lefebure, huissier, en date du sept de ce mois, contrôlé à Argentan le dix du dit,
A volontairement fait rendue et remise à MM. Louis, Henri, Michel Jouis, huissier audiencier du bailliage à Argentan, et à Antoine Michel Louis Jouis dit la Couture, à Marie Françoise Charlotte Renée Magdalene et Rosalie Jouis, tous frères et sœurs, demeurant à Argentan, des maison, jardin et dépendances, situés en cette ville, le tout et autant que M. Michel Jouis, leur père, en avait cédé au dit sieur Antoine Jouis, leur oncle, par contrat passé devant les notaires d'Argentan, le 31 juillet dernier, etc.
30 Floréal an XH (18 Avril 1804).
Les dits comparans (héritiers Jouis) ont, par ces présentes^ vendu et aliéné à perpétuité, etc. , au sieur et dame Aubert, c'est à sçavoir ;
« Une maison située en cette ville, dans la Cour Besnier, consistante en — une salle — deux chambres — cinq cabinets — greniers sur le
1. a L'origine des clameurs ... doit être fixée au xn* siècle : ce fût alors que les Bourgeoisies des Villes s'établirent. Pour accréditer cet établissement si propre à affaiblir l'autorité des Seigneurs, il convenoit que les propriétés fussent dans les villes affranchies du vasselage, et plus stables et plus indépendantes qu'elles ne l'étoient dans les Seigneuries. De là les fonds qu'un père de famille acquéroit dans une ville, devant passer à ses enfants qui ordinairement exerçoient sa même profession, éloient bâtis et distribués selon les besoins de cette profession; et il étoit de l'équité que le bourgeois n'en disposât pas ni de ses principaux outils en faveur d'étrangers ^ sans nécessité et tant que ses enfants, ne lui refusoient point les besoins et les commodités de la vie
Le propriétaire déclaroit dans trois plaids successifs du bourg ou de la ville, où les fonds étoient assis, plaids qui se tenoient de 15 jours en 15 jours, qu'il étoit déterminé à vendre; il faisoit sommer ses parents de s'y trouver; s'ils ne comparoissoient, la vente s'effectuoit L'acquéreur entroit en possession en présence de douze échevins et du juge-majeur ou maire, et après l'an et jour expiré, sa propriété étoit à l'abri de toute réclamation. Si postérieurement à ce délai quelque parent troubloit l'acquéreur, il étoit obligé d'établir la fraude : par exemple que l'héritage n'avoit pas été légalement proposé à la famille. »
1. Leg. Burg. C. 11. et 125. Ane. L. p. 256. Tome 1. et Traité anglo-nonnand. Tom. 2. Houard. Dict. de la Coût. Nor. I. p. S43.
DE LA nU£ DU BÈGLE. 27
tout, caves, cours, sellier, écurie, latrines, jardin, tannerie, fontaine, coudrerie, plaines et greniers, droit au puits situé dans la cour commune, dite Cour Besnier, joute d'un bout la veuve et héritiers Vautorte, d'autre côté et d'un bout la demoiselle Beaumesnil, et d'autre bout la dite cour Besnier.
La dite vente, faite moyennant la somme de trois mille francs.
Tout et autant qu'il en appartient* aux vendeurs par indivis, moitié de la succession de leur mère, et moitié de droit de clameur lignagère.
15 mars 1844, revente par les époux Aubert à la dame Duvent.
13 février 1855, le s' Bourdon devient acquéreur.
14 avril 1868, vente par les héritiers Bourdon, aux époux Lautour.
La dernière vente a été faite au profit de M. et Mme Lambert, propriétaires actuels. C'est à leur obligeance que nous devons la connaissance des titres et des biens.
L'accès est difficile, l'extérieur est misérable ; mais lorsqu'on a franchi deux cours et un labyrinthe de corridors, on est étonné de se trouver dans une habitation assez convenable. Sans parler des dépendances accessoires, la salle principale du rez-de-chaussée a environ sept mètres dans tous les sens.
Elle est carrelée. Une solive énorme traverse le plafond et soutient des poutrelles transversales qui sont apparentes ; la boiserie est ,ancienne. Des armoires sont pratiquées dans les angles. Sur le côté, à droite en entrant, est une vaste cheminée haute et étroite ; en face, une porte vitrée donne entrée dans une petite chambre à alcôve ; la fenêtre qui éclaire cette chambre s'ouvre sur le jardin.
C'est là que M. d'Armont habitait, c'est dans l'une de ces deux chambres que l'acte de vente de 1787 appelle une salle et un cabinet, que les Commissaires de la Municipalité trouvèrent le malheureux père essayant de tromper sa douleur en écrivant.
Nous le répétons, sous une apparence modeste se cachait un refuge très-supportable. Ces deux pièces ornées de leurs tapisseries et meublées à l'antique, pouvaient être habitées comme elles le sent encore bourgeoisement, et servir d'asile momentané à ceux que menaçaient les dangers de la rue ou des campagnes. Le Jardin complétait cet ensemble de précautions en assurant par les derrières une issue dérobée en cas d'alerte.
28 cnnrus pk m. m commai.
Cette brochore, dhine feuille oa 14 pages inS^, a pour titre cette phrase : l'Egauté des Pabtages, fille de la Justice, devint mère de la popmlatiom, em wmliipliamt les denrées par le tracaU, par M. de Cîorday d'Armont, citoyen de la paroisse de Mesnil-Imbert.
La seconde est intitulée : Supplément au système de l'Égalité des Partages, on développement de mes idées, en forme de Réponse à M. le Président de Froxdemlle.
Cette brochure a 32 pages. Elle est signée Dabmokt.
M. de Frondeville, Président an Parlement de Rouen, Député de la noblesse de ce bailliage aux Etats généraux, — était opposé aux idées nouvelles, et Tun des membres les plus ardents du parti royaliste.
Je possède ces deux écrits de M. de Corday : ils se sont trouvés dans les papiers de Lederc, Tintendant et Thomme de confiance de Madame de Bretheville, et m'ont été donnés par Madame Hamelet, fille de Lederc. Il n'en est pas de même de Touvrage conmiencé par M. d'Armont et intitulé: Principes du gouvernement; quoiqu'il ait été saisi, ce manuscrit ne s'est pas retrouvé.