DE CHARLOTTE A SON PÈRE
Charlotte signait habituellement ses lettres familières de son nom seul, sans particule. Les lettres à M. Lecavelier, à mademoiselle du Hauvel, à Allain, à Barbaroux, à son père, sont signées Corday. — 11 y a des exceptions, par exemple la lettre au Comité de Sûreté générale, celle à Doulcet de Pontécoulanl. Mais alors elle signe Marie^ comme elle fait dans les actes auxquels elle appose sa signature.
La signature de la lettre de question nous inspire confiance par sa simplicité même.
En résumé, sans nous dissimuler certaines objections, les raisons de croire nous paraissent plus fortes que celles de douter. Nous acceptons donc la lettre de Y Autographe ]\x^(\\x'k preuve contraire.
vous caché pendant quelque temps et espérez... Dieu châtie ses enfants, mais il ne les aban« donne pas tout à fait....
» Au milieu des troubles qui nous environnent, pardonnez mon cher père si J'agis sans vous consulter... Je pars... Je vais en Angleterre demander une retraite que la France déchirée ne peut plus m'offrir; gardez-moi le secret de ce voyage, que ma mère ignore les dangers de ma route et n'apprenne mon départ qu'avec mon arrivée... Oh ! quand nous reverrons-nous ? Je finis, mon père, car cette pensée qui me poursuit continuellement use mes forces et brise mon cœur. Envoyez-moi de cœur votre bénédiction et priez pour moi, mon père.
» Charlotte Corday. »
{Journal des Enfants, 1841).
On voit qu'on n'a pas manqué de signer Charlotte Corday , et aussi on lui fait parler de sa mère comme si elle élail Tivante, tandis qu'elle était morte dès le 8 avril 1784 (Registre de la paroisse de Saint-Gilles à Caen).