CHAPITRE XXÏI
ii CVst moi qui appelai Montfort au V al )» des Ombres en lui promettant qu'il y re- » trouverait Marie. C'est moi qui , pour /) accroître sa rai^e , ne voulais lui offrir sa » fille que mariée au ] lus mortel ennemi )) de sa maison. Cest moi qui pour briser » le cœur de Raymond tenais à lui donner )) hier comme épouse une jeune fille pleine » de charmes, pour ne lui remettre aujour- )) d'hui qu'une compagne hideuse et dif-
<( forme.
» C'est moi qui, la nuit même de l'arrivée )> d'Amaury, fis mutiler son héritière , et )) persuadai au crédule suzerain que c'était » Raymond de Toulouse qui, après avoir )> flétri la noble vierge, l'avait défigurée » à jamais, se vengeant ainsi sur Marie, de )» l'usurpation des Montfort.
a C'est moi qui, par leferTun de l'autre^
» et trompant leur aveugle rage, les fis
)) s'*entr^égorger tous les deux . M'entends-tu ,
)) féroce Montfort ? M'entends-tu , insensé
» Raymond ? Cest moi qui maintenant ,
» chef vainqueur, foulant aux pieds votre
«i impuissance , me ris impunément de vos
» restes! Gloire aux enfers î je suis vengé. »
Mais quel épouvantable tumulte ! . . . Le souterrain se remplit de soldats ; et tout-à coup , frappée avec violence, îa porte se brise enfoncée. Quel est ce guerrier formidable ? Le sire Enguerrand de Coucy .
L'esclave africain le suivait.
C'était Hakem qui, certain des dangers de Raymond et de Marie, avait sonné du cor au donjon. Enguerrand, de retour à son manoir, était accouru à l'appel, selon Tusage convenu O désespoir ! il est trop tard.
Montfort avait cessé de vivre.