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Douze crayons de François Quesnel

L’ouvrage que j’ai donné sur l’histoire du Portrait en France au XVIe siècle, avait à peine achevé de paraître, qu’un obligeant avis de M. Germain Seligmann me découvrait l’existence de pièces importantes, cataloguées comme perdues dans mon livre. Treize crayons originaux, issus des collections Fontette, composaient cet appoint, précieux pour des études où tant de choses encore restent à éclaicir. J’ai naturellement souhaité d’en joindre le catalogue aux trois volumes de mon ouvrage; le propriétaire l’ayant permis, c’est ce supplément qu’on trouvera ici.

J ’ai parlé des collections Fontette en deux endroits du tome III : p. 36 et suiv. à propos du recueil d’Uxelles; p. 142 et suiv. pour en donner le catalogue. Je rappelle qu’elles étaient en quatre parties, deux recueils reliés, une suite de feuilles détachées, et des mélanges. Les deux volumes reliés sont des recueils de seconde main, que M. Moreau-Nélaton a pu retrouver au musée Aslimole à Oxford; les Mélanges continuent d’échapper; c’est une partie importante des Feuilles détachées qui vient de reparaître au jour.

A l’exception de deux, ces dessins font aisément reconnaître leur auteur. Page 159 de mon tome I, j’avais dit que je soupçonnais ces feuilles, si elles étaient retrouvées, d’apporter un nouveau lot d’ouvrages du maître dont les recueils provenant de Gaignières au Cabinet de Paris, et la Collection Wickert, m’avaient révélé la manière. C’est ce qui est arrivé. Les crayons sont de François Quesnel.

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Des deux qui font exception, l’un est un feuillet de recueil de seconde main, l 'autre un original de main inconnue. Les autres portent les signes évidents de la manière du peintre au nom duquel je les catalogue.

Ces crayons sont montés, et bordés de deux filets d’encadrement ombrés en relief. Ils portent en haut, à droite, une cote à l’encre précédée d’une croix, qui ne peut être que de Fontette. Cette cote succède à un numéro plus ancien au crayon, que l’on a rayé pour y substituer le nouveau. De Fontette également est la lettre à l’encre au bas du protrait, portant le nom du personnage. Elle s’ajoute à une plus ancienne au crayon, de laquelle il est évident que Fontette avait reçu son information, car il 11e fait dans ses additions que la développer au moyen de quelque dictionnaire de généalogie ou d’histoire. En quelques endroits, il a pris soin de repasser l’ancienne mention à l’encre. Parfois il n’y a rien ajouté, faute de renseignements sans doute.

Un de ces crayons porte une date originale sur le fond, comme plusieurs autres du même artiste, catalogués dans mon ouvrage. C’en est la lettre la plus ancienne. Vient ensuite, dans l’ordre du temps, la première mention d’identité, laquelle, posée à une époque où le souvenir des personnes représentées durait encore, 11e peut remonter moins haut que la fin du XVIIe siècle : ces personnes, vu l’époque et leur âge, ayant pu mourir entre 1620 et 1650.

Dans un manuscrit que j’ai analysé t. III, p. 36 et suiv., Joly père, gardien du Cabinet du Roi, a mentionné les collections Fontette, lesquelles lui furent offertes en 1760, en indiquant leur origine. Mais, comme il y mêle la mention des collections Gaignières, on n’est pas sûr de bien débrouiller ce qui dans son rapport s 'applique à celles-ci. Il est au moins certain qu’un autre amateur, Brisacier, secrétaire en son temps des commandements de la reine, en avait eu une partie, car Joly le nomme, et un des recueils retrouvés à Oxford porte son nom. Le cabinet Brisacier fut vendu (dit Joly) vers 1677. Un autre cabinet, celui de Boisjourdain, que Joly mentionne également, le fut en 1750. Avec ceux-là Joly 11e nomme que Villeflix et Gaignières, qui ne peuvent être en question ici : les dessins du premier ayant passé chez le second, dont les collections n’ont rien à faire avec Fontette.

Ainsi, Boisjourdain et Brisacier sont au moins présumés les anciens possesseurs des crayons qui vont suivre. Rien n’empêche que l’un ait succédé à l’autre. Comme la lettre ancienne ne peut être de

Boisjourdain, venu trop tard, il faudrait qu’elle fût de Brisacier, dont l’époque, antérieure à 1677, est celle qui convenait pour la placer de souvenir, ou moyennant le souvenir de personnes survivantes. Comme elle est mise sur la monture, il faut que cette monture ait précédé la lettre. Ainsi cette lettre remonterait avant 1677. Antérieure sans doute h la monture, est une cote alphabétique à l’encre en haut à gauche, sur le fond du portrait.

Par suite d’une erreur, dont je dois des excuses à mon lecteur, la liste que j’ai donnée t. III, p. 147, 148, de la troisième partie des collections Fontette n’est pas complète. Je rappelle qu’elle est dressée par élimination, au moyen des listes de portraits du P. Lelong, qui mentionnent tout ce qu’il y avait chez Fontette, et dans lesquelles j’ai rayé ce que Joly signale dans les deux recueils reliés et dans les mélanges : les grandes feuilles détachées étant les seules dont il n’ait pas donné d’état. L’omission que j’accuse est cause que plusieurs des crayons ci-dessous ne sont pas couchés sur ma liste, brusquement coupée après la lettre G. Mais ils sont dans le P. Lelong comme appartenant à Fontette, et je ne manque pas d’y renvoyer, sauf pour l’ecclésiastique anonyme : Lelong n’ayant donné que les portraits nommés.

Il faut noter ici une correction utile. Le n° 12 suivant est désigné par Lelong comme N*** de Brissac, seigneur d’Argy. Or, il n’y a jamais eu de terre d’Argy chez les Brissac, mais au contraire chez les Brillac. Et c’est bien en effet Brillac que Fontette a écrit sur la pièce. Comme c’est à lui qu’est due la rédaction des listes insérées dans le P. Lelong, on ne peut le croire fautif de l’erreur qui s’y trouve. C’est une coquille de l’imprimeur, que nos dessins permettent de corriger.

https://archive.org/details/douzecrayonsdefrOOdimi

3 , L ’abbé de Fèreman.

Pierre noire et sanguine. Cote alphabétique f. Cote numérique rayée, 5. Lettre au crayon repassée à l’encre : M. l’abbé, de Fereman Date contemporaine : 1579. Prix ancien : 2 l. 10 s.

A M. Germain Seligmann.

Lelong, p. 184, col. 1.

Date relevée : 1579.

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