‹ Dr Pierre GastinelChapitre 28 sur 65 · ÉTUDES TECHNIQUES · texte numérisé non relu

ÉTUDES TECHNIQUES

Dans la suite de,mes travaux et de ceux en collaboration avec le professeur Teissier j’ai tout spécialement étudié les réactions humorales de la vaccine humaine ou expérimentale et de la variole.

Après en avoir fixé le caraclëre, nous avons pu envisag-er les problèmes principaux suivants ;

i® L’infection et l’immunité vaccinale chez l’homme et les réactions humorales de l’état d allergie ;

2® L’étude de l’infection eldel’immunité dans la vaccine expérimentale par voie cutanée et non tégumentaire.

3 ® Les réactions sérologiques de la variole ; les rap- ' ports humoraux de la variole et de la vaccine;

4 ® Etude expérimentale de la sérothérapie anti-variolique.

Nous préciserons, dans les paragraphes suivants; les résultats obtenus par cet ensemble de recherches, en décrivant tout d’abord les techniques employées pour la mise en évidence des réactions humorales des sujets vaccinés.

Les anticorps vaccinaux (technique)

Jusqu’à nos recherches et à notre thèse inaugurale les anticorps dans la variole et dans la vaccine n’ont Jamais fait l’objet d’une étude spéciale.

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Cependant, des recherches antérieures prouvaient nettement qu’à la suite de l’infection vaccinale ou variolique des propriétés nouvelles et immunisantes apparaissent dans le sérum.

La notion, d’ailleurs contestée pendant longtemps, des vaccinations non tégumentaires était déjà un argument prouvant bien que l’immunité de la vaccine n’est pas d’ordre uniquement tissulaire.

Les mémoires de Béclère, Chambon et Ménard, mirent en évidence la possibilité de créer une immunité passive en inoculant à une génisse neuve le sérum d’une génisse immuni.sée.

Cette observation prouvait nettement l’existence dans le sérum d’animal vacciné, de substances immunisantes d’anticorps vaccinaux.

Une deuxième notion faisait également apparaître comme nécessaire l’existence de propriétés humorales consécutives à une vaccination : à savoir le caractère clinique particulier des lésions de revaccination.

Quant à la nature des anticorps vaccinaux ou mieux, quant à la façon de les mettre en évidence par des réactions in-vitro,nous avions comme point de départ de nos recherches, le mémoire essentiel de Béclère, Chambon- Ménard, décrivant le pouvoir virulicide du sérum d’un sujet vacciné à l’égard du vaccin mis en contact avec lui.

Après avoir vérifié et contrôlé toutes les conclusions de ces auteurs nous avons recherché si on ne pouvait aller plus loin par l’application de techniques nouvelles. Ainsi nous avons été amenés à décrire, pour la première

liECHEIlCHES RELATIVES A LA VACCINE ET A LA VARIOLE 21

fois en France, l’existence dans le sérum de sujets vaccinés et de varioleux, de substances sensibilisatrices déviant le complément.

Cette étude avait déjà été tentée en Allemagne par Xylander, Kryloff, en Italie par Gasagrandi, mais les enseignements en étaient restés incertains et les conclusions disparates.

La technique de la réaction de déviation n’avait pas été précisée, et surtout aucun des expérimentateurs ne s était attaché à observer parallèlement la présence des sensibilisatrices, la date d’apparition de la substance anti-virulente, et le moment auquel l’état d’immunité est acquis.

Après de très minutieuses recherches sur la préparation de l’antigène nous avons constamment employé la pulpe fraîche recueillie du 4^ au 6“ jour de l’éruption sur une génisse vaccinée ; cette récolte fut faite à l’Institut vaccinal de la rue Ballu, grâce à l’extrême complaisance du D'- Fasquelle : cette pulpe servait dans les 4 heures qui suivaient la récolte, elle était finement broyée dans un mortier d’agathe et nous en faisions ensuite une suspension à i/ 5 odans le sérum physiologique; après un séjour dans la glacière pendant 3/4 d’heure, le liquide surnageant servait comme antigène pour les réactions.

Le titrage préliminaire était opéré pour chaque expérience et le dispositf était celui de la réaction de Bordet-Wassermann avec sensibilisatrice anti-mouton.

De nombreuses recherches de contrôle ont été instituées pour bien déterminer que les réactions obtenues sont en rapport avec l’existence d’anticorps vaccinaux

et qu’elles ne sont pas déterminées par l’inoculalion à l’animal d’albumine bétérog-ène.

Nous avons déterminé :

а) Que le sérum neuf de lapin, de chien, de singe, de génisse ne dévie jamais spontanément le complément. La déviation n’a jamais eu lieu en présence de la l^miphe vaccinale, quand l’animal n’avait pas été vacciné ;

б ) Que l’emploi, comme antigène témoin, d’une lymphe obtenue en frictionnant la peau d'un lapin avec de l’huile de croton, ne donne pas la réaction avec le sérum de lapins préalablement inoculés d’une lymphe vaccinale originaire du lapin ;

La réaction ne s’observe pas non plus, quand on substitue à l’antigène vaccinal des produits organiques ou bactériens ;

c) Que la réaction s’obtient avec l’antigène vaccin (vaccin d’origine humaine ou, provenant de la génisse ou du lapin) alors que le sérum étudié provient d’un animal immunisé par l’un quelconque de ces vaccins ;

d) Qu’on n'observe aucune réaction de fixation avec le vaccin tué par chauffage et inoculé par voie veineuse ou digestive, alors que les mêmes doses de Vaccin, non chaufié, inoculées par les mêmes voies, donnent la réaction ;

é) Que la réaction de fixation ne s’observe que chez un sujet dont le sérum est ou sera antivirulent ;

J) Que la substitution de l’antigène variolique à l’antigène vaccinal donne les mêmes résultats.

La réaction de déviation du complément met donc en

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