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ÉTUDES SUR LA PESTE DUBOMQUE

Cette masse pousse des prolongements multiples rendant l’énucléation presque impossible et elle baigne dans une sérosité limpide ou sanguinolente.

Histologiquement les lésions de la zone péri-ganglionnaire et celles du ganglion lui même doivent être parfaitement distinguées.

Le tissu qui encercle le ganglion est très épaissi, il réalise une gangue constituée par une infiltration cellulaire formée par des leucocytes surtout mono-nucléés dont les noyaux présentent des phénomènes de p3'cnose ; à ces éléments s’associent des hématies en quantité plus ou moins considérable.

Le tissu péri-ganglionnaire est parcouru })ar des vaisseaux très dilatés autour desquels l’infdtration leucocytaire est à son maximum.

Les veines sont thrombosées, les lymphatiques, dont le volume est très augmenté, sont le siège d’une oblitération plus ou moins complète.

Le thrombus est formé par des leucocytes et quelques globules rouges ; à sa périphérie se trouvent des amas de bacilles pesteux.

Les nerfs qui cheminent dans la zone péri-ganglionnaire sont, eux aussi, infiltrés par des éléments rouges et blancs.

Ce fait, joint à la distension œdémateuse des tissus, explique, selon nous, l’intensité des phénomènes douloureux au niveau du bubon.

Les lésions de la masse ganglionnaire elle-même, répondent essentiellement à deux types d’altération : les hémorragies ; les phénomènes de nécrose.

Les hémorragies s’observent à des degrés divers • elles peuvent être abondantes et dissocier toute l’architecture du ganglion.

Dans d’autres cas, les infiltrations sanguines sont

Gangue périganglionnaire. Infiltration cellulaire comblant en partie les mailles du tissu cellulo-adipeux. Ectasie et thrombose des veines et des lymphatiques. Le thrombus est constitué par des amas de bacilles tle Yersin et par des leucocytes.

plus discrètes. La disposition foIJiculairc a disparuj les follicules tendent à se fusionner formant une masse adénoïdienne continue.

Les sinus sont distendus par les éléments lymphatiques ou sont effondrés par place. On est frappé par la

LA PESTE nUlîOXlQUE

faible réaction polynucléaire; presque tous les éléments sont constitués par des mono en état de pycnose.

Le réticulum est très difficilement reconnaissable.

La nécrose esi un fait constant du ganglion pesteux;

elle peut être parcellaire ou massive, dans ce cas l’ensemble du gang-lion est représenté par une masse amorphe.

Il s’agit d’une dégénérescence brutale de tout le tissu adénoïdien.

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Il faut noter, que même dans les points où la nécrose se constitue sous l’aspect de plag'es limitées, il n’existe aucune zone réactionnelle à la périphérie.

Nous signalons aussi la rareté, sinon l’absence de tout exsudât fibrineux.

Les bacilles pesteux s’observent en nombre extraordinairement abondant. On les voit surtout au niveau des lymphatiques, dans leur lumière et autour d’eux.

Au niveau du ganglion, les bacilles encombrent le sinus sous capsulaire, plus au centre ils forment des nappes surtout abondantes à la périphérie des zones nécrosées.

Les bacilles de Yersin perdent un peu de leur morphologie typique dans le ganglion ; ils affectent souvent un aspect en coccuset ont un faible degré de coloration.

Il était à se demander si la nécrose ganglionnaire était l’apanage des seules formes mortelles de la peste bubonique.

L’étude biopsique que nous avons pratiquée sur de nombreux ganglions pesteux à évolution curable nous a montré la constance de cette lésion.

Elle nous paraît être sous l’étroite dépendance de l’action locale du bacille ou de ses toxines. Hémorragie et nécrose résument donc toutes les lésions du ganglion dans les formes mortelles ; au contraire, dans les formes curables on voit apparaître des phénomènes réactionnels inflammatoires qui aboutissent souvent à la suppuration.

Lésions hépatiques

Dans Ions les cas nous avons noté des phénomènes cong’eslifs avec présence de quelques cellules hépatiques frappées isolément de dég-énérescence.

Ilots d’hépatito parenchymateuse nodulaire Homogénéisation et cytolyse protoplasmique Surcharge graisseuse de quelques cellules

Dans une observation, le foie était parsemé d’un semis d’abcès miliaires répondant, au point de vue histologique, à des zones de nécrose.

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Ces zones étaient limitées par une couronne de cellules lymphocytaires et plasmatiques, avec amas de bacilles de Yersin. Nous avons comparé la disposition générale de ces abcès à celle observée dans les hépatites de la dysenterie amibienne.

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