ÉTUDES SUR LA TUBERCULOSE
CORTIGALITE TUBERCULEUSE
Corticalite pulmonaire caséeuse tuberculeuse. Avec le Professeur Bezançon) Pro(]rès Médical, 19 octobre 1912.
En collaboration avec le Prof. Bezançon, nous avons observé un cas très rare de corticalite caséeuse, à propos duquel nous avons repris Pétude générale des corticalites tuberculeuses et en avons dressé un tableau d’ensemble.
Cliniquement, dans notre cas, la symptomatologie était celle d’une congestion pleuro-pulmonaire que l’on aurait volontiers qualifiée de bénigne, mais qui fut bientôt suivie d’une phase d’hépatisation pulmonaire à caractère caséeux. Mais celte pha.se eut une allure très spéciale, toutes les lésions étaient .systématisées à la coiTicalilé et s’éloignaient ainsi du type classique réalisé par le bloc ca.séeux.
Au point de vue anatomique, tout se résumait en la systématisation des lésions caséeuses dans toute la zone
sous-pleurale. Ces lésions doublaient la plèvre viscérale, se réfléchissant sur ces scissures, lui faisant sur une épaisseur d’un centimètre environ, une carapace de tissus caséeux ; ainsi, était réalisé un feston sous-pleural, sans aucune discontinuité ; le reste du parenchyme pulmonaire était relativement peu atteint.
Ce type de corticalite, que nous venons de décrire et que nous avons appelé la corticalite. caséeuse, a acquis droit de cité dans la description des pneumonies caséeuses. Il esta opposer aux différents autres types de corticalites déjà connues.
Il en existe, au point de vue clinique et anatomique, deux aspects très différents : le lype fibro-caséeuæ répond à des lésions'solidaires, pulmonaires et pleurales. Il apparaît comme la séquelle d’une pleurésie avec ou sans épanchement, son évolution est bénig-ne.
La deuxième forme de corticalite connue est la corticalite fibreuse, caractérisée par une symphyse pleurale épaisse et par des lésions cicatricielles sous-jacentes. C est celte symphyse qui règle tous les symptômes et fait le diagnostic de celte forme.
Le type que nous avons isolé est bien différent, et n’a de commun avec les formes précédentes que son début clinique, à la fois pleural et pulmonaire, ainsi que la systématisation ultérieure des lésions à la corticalité. Tandis que dans les cas précédents, les lésions sont exclusivement cortico-pleurales, dans la forme que nous décrivons, la corlicalité est le lieu où se majorent les lésions qui existent par ailleurs d’une façon diffuse dans le parenchyme pulmonaire.
.A Tl'Iili^iCULOSË
Enfin, les lésions sont tuberculeuses et d’un type nettement caséeux ; elles arrivent rapidement à l’ulcération et en pleine région corticale, nous avons pu déceler une caverne.
Ceci explique les différences évolutives des diverses corticalites ; la forme caséeuse a une évolution rapidement mortelle ; son pronostic est celui de la tuberculose aiguë.
Ainsi donc se complète le groupe des corticalites tuberculeuses auquel il faut désormais adjoindre le type nouveau de corticalite caséeuse.
HOMOGÉNÉISATION DES CRACHATS
Importance clinique de l’homogénéisation des crachats. Avec MM. Bezançon et Philibert, (Soc- Médicale des Hôpitaux, 8 novembre 1912j.
Dans ce travail, nous avons réuni une série d’observations qui montrent combien la méthode d’homogénéisation mérite de prendre place dans les procédés usuels d’investigation, et qui montrent aussi que dans certains cas, son emploi systématique peut apporter des éclaircissements à des questions discutées.
Nos observations peuvent se grouper sous plusieurs rubriques : i“ Présence de bacilles de Koch dans des cas de tuberculose dite au début, en apparence non ouverte.
2 " Présence de bacilles de Koch dans des formes de tuberculose ayant les allures de pneumopathies banales.
3" Présence de bacilles de Koch dans l’expecloralioii des tuberculeux en apparence guéris.
4° Présence de bacilles de Koch dans l’expectoration de malades atteints de pleurésies séro-fibrineuses.
5“ Présence de bacilles de Koch dans l’expector^alion de bronchitiques emphysémateux et dans des bronchites pseudo-membraneuses.
6“ Présence de bacilles de Koch dans l’expectoration de sujets atteints de rétrécissement mitral.
Si, dans une vue d’ensemble, on cherche à grouper les problèmes susceptibles d’être éclairés par l’homogénéisation systématique des crachats, on saisit l’.intérêt qui s’attache à cette pratique journalière.
Elle trouve son indication dans l’étude des états apparents ou réels de guérison.
Elle constitue l’élément diagnostique par excellence permettant d’affirmer la tuberculose au début et l’existence précoce du stade d'ulcération.
Elle présente encore le moyen le plus sûr pour dépister le réveil de bacilloses latentes et rattacher à la tuberculose des manifestations dont l’allure clinique pourrait faire éliminer cette étiologie. Enfin, l’homogénéisation permet d’affirmer certaines tuberculoses larvées sous leurs aspects les plus divers.
Bien entendu, il importe d’insister sur les précautions minutieuses dont il faut s’entourer pour éviter toute cause d’erreur dans l’interprétation des résultats. Mais toutes ces précautions prises, la technique d’homogénéi.sation doit définitivement remplacer les méthodes
usuelles dans tous les cas où celles-ci ne fournissent pas immédiatement une preuve convaincaule de la présence du bacille de Koch.
TUBERCULINE
Intradermo-réaction avec la tuberculine figurée de MM. Vallée et Fernandez. Résultats chez l’homme. Comparaison avec les résultats fournis par la tuberculine de Koch. Avec M. Pinard et A. Vanney. {Société Biologie, 1911).
La tuberculine de Vallée et de Fernandez est une émulsion de bacilles luberculeu.v dégraissés.
Elle assure le maximum d’imprégnation locale.
Injectée dans le derme à la dose de i/5oomilligramme de corps bacillaires, les réactions provoquées par cette tuberculine ont été extrêmement nettes, la lésion obtenue est à son acmé vers la 36« heure. Dans l’ensemble les résultats ont été plus francs et l’interprétation plus facile qu’avec la tuberculine ordinaire.