GARD
Nous avons reçu de INI. Dombre , ingénieur des ponts et chaussées, chargé du service hydraulique dans le Gard, la note suivante sur la situation du drainage dans ce département :
« Les premiers travaux de drainage ont été effectués dans le Gard dans le courant de 1855.
« La surface totale drainée jusqu'à ce jour, par les quatre ou cinq propriétaires qui ont tenté ce genre d'amélioration, s'élève au phis à 6 ou 7 hectares.
« Le département offre cependant sur plusieurs points des terrains à drainer, et les travaux de cette nature y prendront une assez grande extension lorsque les propriétaires auront pu apprécier les résultats des essais déjà faits.
« On n'a drainé jusqu'à ce jour dans le Gard que des terres à Mé ; mais on va cette année essayer de drainer des terres à mûriers, ce qui permettra d'apprécier l'influence des racines de ces arbres sur les drains.
« M. Sabalierd'Fspeyran a drainé, dans la plaine de Saint-Gilles, des terres peu élevées au-dessus du niveau de la mer, et, comme l'eau des drains ne pouvait pas avoir un écoulement naturel , les drains collecteurs aboutissent à un puisard d'où les eaux sont élevées par des moyens mécaniques.
« Le prix de revient du drainage s'est élevé dans les premiers essais à plus de 400 fr. l'hectare; mais des ouvriers se sont formés, et ce prix s'est déjà abaissé à 300 fr. dans un essai de 3 hectares
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environ que vient de faire M. de Clauzonne dans un ancien étang desséché.
« 11 n'est pas probable que ce prix puisse être notablement réduit dans le Gard, par suite de l'élévation excessive et progressive du prix de la main-d'œuvre.
« Lestuyaux de drains courants sont fournis à raison de 50 fr. le 1000. Il n'y a encore qu'une seule machine dans le département (chez M. Levesque, à Saint-Beauzely), ce qui donne lieu à des frais de transport considérables. On vient de demander à l'État de vouloir bien en fournir trois autres.
« Il serait d'ailleurs très-important, pour le développement des travaux de drainage, d'avoir une machine simple et d'un prix assez réduit pour être acquise par les propriétaires qui veulent faire des essais importants de drainage, et même parla plupart des tuiliers du département. »
C'est dans le département du Gard que l'essai de l'emploi du drainage a été fait pour dessaler les terrains salifères. Cette idée a été préconisée dès 1833 par M. Nourrit, de Beaucairc. L'irrigation et le drainage doivent se prêter un mutuel appui dans cette contrée, selon l'idée trèsjuste d'un agriculteur du pays, M. Dupon, de Rochegude, près de Barjac.