GERS
Le drainage est exécuté dans le Gers sur 170 hectares. M. Féart, préfet du département, a déployé un grand zèle
SITUATION DU nRAIXAGI- EN FRANCK FN 1850. 63
pour propager ccHn amélioration foncière. Un agent drainour intelligent et actif, M. Boutan , ancien élève de Grignon, a été chargé du service du drainage. Trois fabriques de tuyaux rxislont; l'une, à Castex, sur la propriété de M. d'Ahbadic de Barrau, a deux machines ; les deux autres falu'iques sont à Auch.
C'est en 1853 que M. de Barrau a fondé sa fabrique de Castex. M. Seillan, de Mirande, nous en a envoyé la description suivante :
" Elle consiste eu un liangar de 40 mètres de longueur sur une largeur d'environ 10 mètres ; il est percé à jour et entouré de tous cotéi et de bas en liant par des planches de 0"'.l2 de large, distantes entre elles de 0'".I2 à 0'".I4, afin de laisser h l'air une libre circulation pour sécher les tuyaux.
" Le hangar est adossé à la marnièrc qui fournit la matière première des tuyaux ; c'est une inarne argilocaleaire très-compacte, à laquelle on ajoute un quart de terre franche rougeàlre, qui forme la base de presque tous les terrains argilo-siliceux de l'Armagnac. Ce mélange doit être épuré, parce qu'il contient de petits fragments calcaires assez durs.
'< Entre la marnière et le hangar est un bassin alimenté par le drainage d'un champ voisin.
'< A l'entrée nord du hangar est établi un manège attelé d'une paire de bœufs qui fait fonctionner un malaxeur. Le cercle parcouru ])ar l'attelage a 8 mètres de diamètre.
« Immédiatement après se trouvent deux machines, l'une du système Clayton , fabriquée par M. Rouillier, de Chelles (Seine-et- Marne); l'autre, à boite horizontale, construite par M. Laurent, de Paris. Plus loin, enfin, sur les deux tiers de la longueur du hangar, on a formé, selon la méthode des Belges, cinq doubles rangées de tablettes (assez semblables à des rayons de bibliothèque), séparées par quatre corridors de 0"'.80, et jiosées les unes sur les autres au nombre de 13. Elles sont alternées par un intervalle de O"*. 08, et portent sur des chevilles qui traversent les piliers de soutien. C'est sur ces tablettes qu'on place les tuyaux. C'est ce qu'on appelle le séchoir.
« A l'extrémité du séchoir est réservé un petit emplacement pour la chambre du comptable.
» Le four est placé à 10 mètres du hangar. A peu près vers le centre il est conique ; il a ftn'.io à la base, 4"'. 80 au sommet, au point
54 LIVIIK VI. — STATISTIQUE DU DRAINAGK.
OÙ commence la voûte qui le forme. Le foyer a 3'". GO de diamclrc, 1 mctrc de hauteur. Le laboratoire, ou lieu dans lequel on place les tuyaux, a 3"'. GO de dianièhe, et 4 mètres de hauteur, y compris la voûte.
« 11 faut chauffer pendant cent heures pour cuire convenahlemeni ; beaucoup ménager le feu pendant trente heures, et le pousser vigoureusement ensuite jusqu'à la lin. Pour bien diriger ce feu, on a laissé au sommet une cheminée de 0'".G0 de largeur, et une vingtaine de petites ouvertures de la grosseur d'un tuyau de 0'".08. C'est en ouvrant et bouchant alternativement ces petits passages, et même la cheminée, qu'on dirigea volonté l'action du feu. C'est du reste la partie la plus délicate de l'opération.
«■ Si on voulait entreprendre une construction de ce genre, M. de Barrau pense qu'il serait plus avantageux de ne faire un four que de 20 milliers de tuyaux au lieu de 40 milliers, contenance du sien; il faudrait moins de temps, moins de fatigue par conséquent pour les ouvriers chauffeurs, et une surveillance moins active.
'< Après bien dos tâtonnements, on est par\cnu , à Castex,àfairc des tuyaux irréprochables quant à la matière, à la fabrication et à la cuisson. Les tuyaux défectueux sous ce dernier rapport sont cuits une deuxième fois. Dans la plupart des fabriques, les tuyaux ont à peine 0"'.30 ; à Castex ils ont Ora,35.
« Les premiers essais furent pénibles; il fallut, on le comprend, du zèle, de la patience, de laborieuses recheiches, et surtout former des ouvriers; mais aujourd'hui les difficultés sont vaincues, et les résultats ont heureusement rédimé déjà le propriétaire des avances très-considérables qu'il a dû faire pour créer un établissement d'une si haute importance et se livrer à la pratique du drainage sur une aussi vaste échelle. Ce qui a été pour M. de Barrau un encouragement puissant, c'est devoir ses méthodes suivies par ses voisins , propagande de bon exemple. »
M. de Barrau a drainé 30 hectares , et ses voisins, dans le canton de Cazauhon, 75; dans le nombre, on signale surtout MM. de Labeaume et du Cor de Duprat.
Dans le canton d'Auch, il y a 20 hectares drainés; à Condom, 23; à Lectoure , 15; à Mirande, 5; MM. de Cugnac, deLarroqiie, Grabias, l'abbé Dupuy, de Campagno, de Lamezan, sont les principaux agriculteurs qui ont commencé des essais. Des associations se sont fondées
■ilTUATION Dli DUAINAGK KN FRANCE KN I85fi. 5;)
il Condom, à Lcctouro et à Mirande, pour acheter des machines et organiser des fahriques.
La surface totale drainée an milieu de -1850 est de 170 Ijectares.