‹ Drainage des terres arables (volume 2)Chapitre 37 sur 308 · LANDES · texte numérisé non relu

LANDES

Nous avons reçu sur le drainage du département des Landes la note suivante, due à M. Martres, auteur d'un bon petit livre que nous avons analysé (n" 58, t. II, p. AM).

« Le département des Landes est composé de deux parties bien distinctes : la Lande et la Chalone avec le bas Armagnac. M. de Barreau a établi une fabrique de tuyaux sur les limites des départements des Landes et du Gers, et, à son exemple, on draine aujourd'hui dans le canton de Villeneuve ou le bas Armagnac.

". M. Arubert fabrique des tuyaux de drainage près duSaint-Esl)rit de Bayonno ; il a drainé une partie de sa propriété, et il fournit

08 LIVnK VI. — STATISTIQUE DU DRAINAGE.

l)caiicoup (le tuyaux aux Rasscs-Pyrénées et h l'Rspagne. Les ou vriers qu'il a dressés pour l'accoraplissemcnt des travaux de drainage ne peuvent suflire en ce moment aux demandes qui lui sont faites dans la Chalone, où M. Dupeyrat a drainé cette anné^ quelques hectares de la ferme-école. Dans mon canton, qui sépare le bas Armagnac de la Chalone, M. Élic de Dampierrc a déjà drainé; je draine depuis trois ans, assainissant chaque année quelquesunes des parcelles de ma propriété qui m'en paraissent le plus réclamer la pratique. J'ai déjà essayé du drainage de Keythorpe, que j'appelle drainage oblique, et j'ai parfaitement assaini une prairie d'un hectare avec 300 mètres de tuyaux par cette méthode. Quoiqu'elle ne soit pas absolue, j'ai déjà eu plusieurs fois occasion de vérifier la vérité des spéculations géologiques de Trimmer; on peut en tirer sans doute de grands avantages.

« Dans la Lande on a jusqu'ici drainé fort peu; cependant je crois que le drainage est appelé à jouer un rôle important dans la transformation de ces vastes et stériles contrées. Les assises tn-linires de ce pays constituent un système de plateaux peu élevés, et dont les dépressions nombreuses et peu profondes sont recouvertes d'un dépôt ferrugineux imperméable, sur lequel croupissent des marais aussi éternels que les glacières des Alpes, où les débris des plantes aquatiques, accumulés depuis des siècles, ont formé une couche de terre noire A'nnsol jwélique, comme le dit M. Moll, qui a séduit beaucoup de gens, et qui a cependant résisté jusqu'ici à toutes les cultures. Je crois que le drainage, pratiqué sur une grande échelle, car les pentes y sont presque nulles à de grandes distances, peut opérer, avec quelques travaux accessoires, une révolution complète dans les propriétés de ces terres, qui ne demandent sans doute qu'à être mises en contact avec l'air et certains sels calcaires que peuvent fournir les coquillères de ce pays, les poissons des étangs du littoral, le guano, le noir animal, etc., sous forme de carbonates et de phosphates. Aussi devons-nous appeler de tous nos vœux une loi qui viendra favoriser l'accomplissement de travaux aussi utiles que dispendieux, et qui prêtera son secours aux agriculteurs qui auraient a vaincre, pour assainir leurs terres, la malveillance ou l'incurie de leurs voisins. On doit s'attendre à une pareille résistance dans la Lande, où la plupart des marais sont des propriétés communales, et où l'incurie des intéressés pourrait devenir nuisible, si celte loi n'accordait peut-être une initiative vigoureuse au pouvoir administratif, lorsque l'utilité d'un large assainissement serait établi, lorsque surtout les communes trouveraient dans les secours financiers de l'État le moyen

SITVATIOIS- DD TiRAmAGR E^ FBAKCR EH 18Ô0. 09

(lo vaincre les obstacles qui s'attachent à l'accomplissement d'aussi vastes et sérieuses opérations.

« ()uc l'on se ligure quelques centaines d'hectares rendues immédiatement à la culture dans la plupart des communes de la Lando par un assainissement complet, dont les eaux seraient utilisées pour combattre l'aridité de certaines contrées et faciliter le transport des produits de la Lande, et l'on pourra se faire une idée des avantages que l'on pourra tirer, par un système de culture extensif sagement organisé, de la transformation d'une conlréc qui peut, avec ses 400,000 hectares de terres incultes, fournir dans certaines années assez do céréales pour combler, elle seule, le déiicil de la production nationale. »

Nous ajouterons à ces détails que deux autres machines, outre celle de M. Arubert, existent l'une chez M. Mauniijare, à la Hem, et l'autre chez M. Castcra, h Boiigue. 30 hectares sont actuellement drainés.

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