PUY-DE-DOME
M. Baudet-Lafarge nous a adressé la très-intéressante note que voici sur la situation du drainage dans le Puyde-Dôme au milieu de 1856 :
« Le drainage (celui du moins qui se fait à grandes profondeurs et avec des tuyaux) n'a commencé à être pratiqué dans le Puy-de- Dome que depuis l'année 1853. C'est vers cette époque que l'on commença à y fabriquer des tuyaux. La première machine pour ce genre de fabrication fut donnée par le ministère de l'agriculture au Comice d'Ambcrt ; elle est à double effet, système Scragg, construite par Laurent. La morne année, la Société d'Agriculture du déparlement en obtenait une semblable, qui fut placée à Lagagère (arrondissement de Clermont), chez M. de Pierre, où elle fonctionne encore. En 1855, la Société en a obtenu deux autres, dont l'une a été prêtée à M. Bonncfond, potier et tuilier à Lezoux (arrondissement de Thiers) , l'autre à un tuilier de Dembronde (arrondissement de Riom); ces deux dernières sont de Calia et à un seul piston. Tout récemment, il vient d'en être accordé une nouvelle pour l'arrondissement d'Issoire. Je ne sache pas qu'il en ait été disposé jusqu'à présent.
« Nos cinq arrondissements sont maintenant pourvus.
«D'autres machines appartenant à des particuliers sont déjà installées ou sur le point de l'être. M. de Pennautier en a placé une, depuis deux ans, dans une tuilerie à Saint-Dier. Tout récemment, M. de Pierre s'en est procuré une seconde pour une autre de ses tuileries, voisine de Lagagère, à Hauterive. Un tuilier de son voisinage en attend une qui est déjà demandée. Une société de pro-
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priétaires s'est formée dans le sein du Comice de Thiers pour aider un autre tuilier de la même région ù organiser une fabrique de tuyaux. Enfin, aux portes de Clermont, une machine a vapeur va être installée pour une fabrication du même genre.
" Bientôt les tuyaux seront abondants et à bas prix ; ce qui nous manquera le plus alors, ce sera la facilité de nous procurer do bons ouvriers pour les employer.
«Si j'en excepte quelques propriétaires qui sont allés voir des drainages pour s'instruire dans la manière de les faire, la plupart n'ont eu pour guide que des Traités, qui, tout en leur enseignant les bons principes, n'ont pas pu donner à tous l'habileté nécessaire pour les mettre en pratique, et d'ailleurs beaucoup ne peuvent pas s'en occuper. Un seul entrepreneur, je crois, existait naguère encore dans le département, fort novice lui-même. Aujourd'hui, un ouvrier formé par M. Mille, ingénieur-draineur du déparlement de la Loire, et capable de diriger une opération de drainage, s'est fait entrepreneur dans l'arrondissement de Thiers. Le président du Comice de Thiers avait obtenu que M. Mille pût venir se mettre à la disposition des propriétaires de l'arrondissement de Thiers durant un mois, et cette heureuse idée a porté les meilleurs fruits.
« L'impulsion, quant au drainage, est définitivement donnée dans le département. 11 a été fait du drainage jusque dans la Limagne, où beaucoup de champs ne peuvent qu'en éprouver de bons effets; mais c'est surtout dans les pays de plateaux et de coteaux argileux, et même dans la partie montagneuse, mais la moins élevée, qui bordent ce riche bassin, que l'on a fait le plus, parce que c'est laque l'excès d'humidité rend le sol plus pauvre.
« Quant à l'importance de ce qui a été déjà exécuté dans le département, on peut fixer cà «20 hectares l'étendue drainée; sur cette quantité, j'ai fait faire 10 hectares chez moi, au Quéras, et il y a 13 hectares à Pardon et à la Duerne, près d'Issoire, chez madame deMatharel ; 9 chez MM. PeyronnetetGrellet, àla Larmounière (arrondissement de Thiers) ; 4 à Marmillat, prés de Clermont, pour la belle sucrerie de Bourdon ; 3 à Brioux, chez M. Chatard, Le reste sur des étendues moindres. MM. de Provenchères, aux Grimardis; MM. de Guérines, aux Bourgnons; de Pennautier, à Demaize; de Pierre, à Lagagère; Lepaitre, à Orect ; Arnaud, aChavarroux ; Yayron, à Blot; de Chabrol, à Jozerand , ont fait aussi des drainages plus ou moins considérables.
« M. de Pierre a reçu pour les siens, l'année dernière, une médaille d'or de la Société d'Agriculture du département. Au mois de juillet 1855 il avait employé 200,000 tuyaux. »