BAS-RHIN
On compte environ 1 20 hectares drainés dans le Bas- Rhin au milieu de 1856; il s'y trouve en outre une importante fabrique de tuyaux , celle de MM. Pasquay frères, à Wasselonne, dans Tarrondissement de Strasbourg.
La fabrique a été montée en 1851; deux machines sont disposées de manière à être mues par une roue hydraulique. L'usine est installée de manière à donner une grande production si l'agriculture entreprend le drainage sur une plus vaste échelle. En attendant, MM. Pasquay ont dû entreprendre la fabrication des briques tubulaires en se rendant cessionnaires du brevet de M. Borie, de Paris; ils font en outre des tuiles, et ils livrent à l'agriculture de la chaux et du plâtre à 10 fr. le mètre cube. Ils fabriquent des tuyaux de drainage chanfreinés pour éviter l'emploi des manchons et consolider la pose.
Parmi les propriétaires qui ont fait les plus grandes opérations de drainage, nous citerons M. Schattenman, à Bouxwiller, pour 9 hectares; MM. Pasquay, à Wasselonne, pour 8; M. Lebel, à Bechelbronn, pour 3; M. Gauckler, à Wissembourg, pour 3; M. Saglio, à Warth, 2, etc.
SITUATION DU DBAINAGF. EN FRANCE KN 185C. 125
Une commune a surtout donné un bon exemple; c'est celle de Niederbitschdorff, où, sous l'impulsion de M. Hauslialter, les habitants se sont associés pour drainer une surlace de 1,200 hectares, dont les eaux seront employées à rirrij,'ation de prairies. M. Engelhard, ancien député, directeur des fonderies de Niederbronn, a drainé des prés avec des laitiers de hauts-fourneaux, et plusieurs agriculteurs emploient des pierres, du tan épuisé provenant de tanneries. On conmience à drainer le chemin de fer et les routes.
Le drainage devait être bien reçu en Alsace , car de temps immémorial on en faisait imparfaitement dans les vignes à l'aide de pierrailles, et M. Gauckler nous a même écrit qu'on a trouvé dans une vigne de la banlieue de Wissembourg des tuyaux posés à une époque inconnue. Le Comice agricole des cantons de Wissembourg et de Soultz a pris plusieurs mesures intelligentes pour encourager et répandre les nouveaux procédés de drainage.
HAUT-RtlIN.
Le drainage dans le Haut-Rhin n'a encore été effectué que sur une vingtaine d'hectares, et il n'y existait aucune fabrique de tuyaux au printemps de 1850. Les seuls agriculteurs qui eussent drainé sur une certaine échelle, à notre connaissance, à cette époque, étaient M. Gros, de Wesserling, et jNI. Schoubart, de Sainte-Marie aux Mines. Voici un extrait d'une lettre que nous a adressée ce dernier :
« J'ai fait drainer à Sainte-Croix aux Mines, près Sainte-Marie, dans l'automne 18 J3, une prairie de 7 tiectares, longeant la rivière qui parcourt notre vallée. J'ai creusé environ G, 000 mètres de fossés de 1"".:jo à r".f)0 de profondeur sur 10 à 12 mètres d'écarlement; ils me sont revenus à ()f-2l le mètre. Les tuyaux, quoj'ai
fait venir de Saint-Dié (Vosges), m'ont coûté 0^08 le mètre, posagc compris; ce quime fait o'.29 le mètre courant de drain. Cette prairie était de terre argileuse, avec une pente sensible. Le fourrage était de mauvaise qualité. Sur la motiié de cette prairie le drainage a parfaitement réussi : le fourrage est devenu de première qualité; sur l'autre moitié l'effet du drainage a été peu sensible. Cependant les drains ont partout 0'".0l de pente.
« .Te l'attribue à ce que, sur la première moitié, j'ai fait le drainage en travers de la vallée, et que les couches argileuses ont été coupées transversalement, tandis que, sur l'autre moitié, j'ai fait les drains en longueur, dans le sens de la pente de la vallée, ce qui ne facilite probablement pas assez l'écoulement de l'eau qui se trouve dans l'argile. «