‹ Drainage des terres arables (volume 2)Chapitre 70 sur 308 · DEUX-SÈVRES · texte numérisé non relu

DEUX-SÈVRES

Nous avons reçu de M. Schmitt^ agent voyer en chef (lu département, la note complète suivante sur la situation du drainage dans les Deux-Sèvres.

« Arrondissement deParthenay. — Le drainage est une opération encore toute nouvelle dans rarrondisseraent, et il n'a été tenté que par un petit nombre de personnes à titre d'essai. Beaucoup de propriétaires reconnaissent que l'on peut retirer de ce nouveau mode d'amélioration des produits avantageux, mais les frais considérables qu'exige la mise à exécution sont un des principaux obstacles qui en arrêtent la propagation.

« Pendant l'hiver de 1854 à 1855, M. Tartenson, receveur particulier des finances à Baugé (Maine-et-Loire), a opéré sur une surface de 1 hectares dans la commune de Saint-Martin-du-Fouilloux ; M. Amirault, propriétaire à Parthcnay, sur 2 hectares, commune de Pompaire, et M. Espinasse, receveur particulier des linances à I^arthenay, sur 2''. 50, commune de Parthenay.

« Des 2 hectares drainés par M. Tartenson, un, qui avait été inculte jusque-là, a produit 16 hectolitres; les 2 hectares 1/2 qui appartiennent à M. de l'Espinasse ont donné 46 hectolitres de froment, soit 18 hectol. 40 litr. par hectare.

« Par des difiicultés que M. Amirault a éprouvées pour terminer son travail en temps opportun, il n'a pu ensemencer son champ.

« C'est donc sur le terrain de M. Tartenson et sur celui de M. Espinasse que doivent se prendre les indications pour établir les différences.

« Dans la commune de Saint-Martin-du-Fouilloux, les terres en froment ont donné en moyenne 10 hectolitres à l'hectare ; c'est donc pour le champ une augmentation de G hectolitres, ou de 1 80 fr. environ.

<c Dans la propriété de M. Espinasse, un champ de l''.80 non drainé a donné 16 hectolitres, soit 8"'. 80 à l'hectare; un autre champ

non drainé en a donne 12 ; un autre non drainé en a donné également 12; soit en moyenne 10. Le champ drainé ayant produit 18". 40, c'est une plus-value de 8''. 40; soit 250 fr. environ.

« Au commencement de l'hiver dernier, M. Espinasse a opéré sur un nouveau champ contenant 3''. 25, et il a pu se rendre compte de la facilité avec laquelle, pendant la saison des pluies, on pouvait cultiver la terre. 11 a suffi de deux jours de beau temps pour labourer ce champ qui s'égouttait à pleins tuyaux, tandis qu'une autre pièce de terre à côté, bien supérieure en qualité et appartenant au mèrac propriétaire, avait été tellement saturée par les eaux du ciel qu'il n'a pas encore été possible de la labourer ni de l'ensemencer. Aussi M. Espinasse est résolu, aussitôt que la saison rigoureuse aura mis sans ouvrage la population malheureuse de Parthenay, à entreprendre le drainage de toute sa propriété, et de donner ainsi plus d'extension aux améliorations agricoles.

« M. Tartenson, de son côté, a commencé cet été de nouveaux travaux sur une dizaine d'hectares environ.

« En résumé, il y avait, au moment des semailles de 1855, 5 hectares 1/2 en terrains drainés dans l'arrondissement de Parthenay ; il y en a actuellement 20 hectares. Le rapport moyen de la récolte actuelle a été, entre les terrains non drainés et les terrains drainés, comme 10 est à 17.

• M. Bardet, propriétaire à Chàtillon-sur-Tliouét, a demandé le concours de MM. les ingénieurs pour des opérations de drainage qu'il se propose de faire dans une prairie, commune de Parthenay, sur les bords du Thouët.

« La qualité et le poids du froment provenant des terrains draines n'offrent aucune différence avec celui cultivé dans les terrains non drainés. Les expériences auxquelles on s'est livré au sujet du poids ont donné des différences si légères, tantôt en plus, tantôt en moins , qu'on a dû reconnaître qu'ils pouvaient être considérés Comme égaux.

• L'aspect da grain nourri et brillant fait espérer un très-beau rendement.

« M. de Maubué, propriétaire à Niort, a drainé avec des fascines une prairie très-humide, et a combiné le drainage avec l'emploi de la chaux. La prairie dont il s'agit, d'une contenante de 84 ares, et située commune de Saint-Paul-en-Gâtine, ne produisait avant l'opération que de 3 à 4 mille de foin et de jonC. Dès la première récolte après l'opération elle a donné 8 mille de foin; le terrain s'est solidifié; les joncs ont disparu, et l'herbe est aujourd'hui d'une qualité supérieure.

« Le drainage n'a donc été pratiqué jusqu'à ce jout que dans

les communes de l'arrondissement de Parlhenay, Porapaire, Saint- Marlin-du-Fouilloux et Saint-Paul-cn-GAtine. Il serait a désirer (|ue des expériences suffisantes fussent faites par des propriétaires habitant les autres contrées de l'arrondissement, pour démontrer l'avantage de l'emploi de ce nouveau mode d'amélioration.

« Arrondissement de Melle. — Le drainage n'a été tenté que sur un seul point de l'arrondissement et sur une très-petite étendue de terrain; ainsi, 10 hectares seulement ont été drainés, et encore la moitié ne l'a été qu'imparfaitement, car 5 hectares l'ont été sans tuyaux. Ces premiers essais sont dus à M. le baron Aymé de la Chevrelière, commune de Gournay, canton de Chefboutonne.

<c Un hectare bien drainé a donné 10 hectolitres de graines, tandis que celui non drainé n'en a produit que 5.

<( Quant à la qualité comparative des produits, on estime à 1/15 au moins la différence en faveur des grains provenant du terrain drainé.

« Là ne se sont pas bornés les avantages de l'opération du drainage ; les eaux provenant du terrain drainé ont été distribuées sur un pré naturel et en ont doublé le produit, qui n'a rien laissé à désirer sous le rapport de la qualité.

« Cet exemple trouvera sans doute des imitateurs, mais ici les innovations en agriculture marchent lentement, et il faut que des essais et de bons résultats répétés viennent prouver au cultivateur qu'il aura un avantage réel , un bénéfice certain, à entrer dans la voie des améliorations, maigre les dépenses premières qu'elles doivent occasionner.

« Arrondissement de nressiùre. — Le drainage n'a encore fait aucun progrès dans l'arrondissement de Brrssuire.

« Si quelques propriétaires s'en sont occupés, ils ne l'ont pratiqué que sur quelques ares de terres seulement.

« Canton d' Argentan- Château. — M. Chauvin-Boissette a fait drainer un hectare.

« Canton de Bressuire, — M. Leclerc a essayé sur quelques ares seulement.

« Canton de ChdlUlon. —M. Bertrand, propriétaire, demeurant à la Chapelle-Largeau, a drainé environ 1".50 de landes et a obtenu de bous résultats.

« M. Fonteneau, propriétaire à Chollet, a fait aussi du drainage dans la commune de la Chapelle-Largeau.

« M. Moreau (Auguste), propriétaire à Châtillon, a essayé sur un hectare.

« M. de la Guépière, maire de Châtillon, a drainé I''.50 de prairie.

SITUATION DU DRAmAGK EN PHANCK EN 1800. 149

« M. Jarrcau a également draine 1 hectare.

« Aucune amélioration de ce genre n'a eu lieu dans les autres cantons.

« Le drainajze est, comme on le voit, peu connu dans l'arrondissement de Bressuire, où il est pratiqué seulement depuis doux années, et il n'a pas encore été possible d'obtenir une comparaison exacte des terrains drainés et de ceux non drainés.

« Toutefois, son influence sur les prairies a été des plus satisfaisantes, et on évalue le produit des terrains drainés au double de celui des années précédentes.

<i Arroudlssemenf <fc Morf. —Peu de terrains ont été drainés dans l'arrondissement de Niort. Leur surface est de 4''. 50. Trois propriétaires seulement s'en sont occupés jusqu'à présent : ce sont MM. Proust (.\lfred\ Faribaud et Jean Bourret, les deux premiers propriétaires, le dernier tuilier à Pied-de-Fond, prés de Niort, et fabricant de tuyaux de drainage.

« Le prix de revient du drainage par hectare a varié entre 200 et 250 fr. Le rendement à l'hectare des terrains drainés a été de 21 hectolitres, tandis que celui dos terrains de même qualité non drainés est de 11.

« Chez M. Proust, le champ drainé se reconnaît à première vue; il se détache, en effet, des champs voisins non drainés par une couleur plus claire qui révole son assainissement.

« Fabriques de tuyaux. — H existe dans le département quatre machines à fabriquer les .tuyaux:

« Deux dans l'arrondissement de Parthenay, dont Pune appartient à M. Guérinicre, membre du conseil général, qui a annexé à son four à chaux et à tuiles une fabrique de drains, et dont l'autre, achetée par le Comice de l'arrondissement, est prêtée aux personnes qui en font la demande ;

« Une dans l'arrondissement de Bressuire; elle est entre les mains de M. Baucher-Filliol, à Bressuire ;

« Une enfin dans l'arrondissement de Niort, à Pied-de-Fond, près de Niort; elle est utilisée par le sieur Jean Bourret, tuilier, cité plus haut.

« L'arrondissement de Melle n'en a pas ; mais cette lacu ne est signalée, et elle ne tardera pas à être comblée. »

Dans une réunion publique de la Commission départementale d'Agriculture des Deux- Sèvres^ sous la présidence de M. Bourdon, préfet du département, et de M. le général Allard, une discussion complète s'est engagée sur le

drainage, et M. Hoslin, ingénieur des ponts et chaussées, a déclaré que : « d'après les observations qu'il a faites en explorant le département, il est convaincu que les terrains où le drainage produirait de bons effets peuvent être évalués, en superficie, à la moitié de l'arrondissement de Parthenay, à un tiers de celui de Bressuire, à un sixième de celui de Niort, et à un huitième de celui de Melle; au total, à près au tiers de la surface du département. »

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