‹ Drainage des terres arables (volume 2)Chapitre 80 sur 308 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Nous allons présenter maintenant, dans un tableau, le résumé de la situation du drainage en France à la fin de la campagne de 4835-1856; ce résumé nous permettra do calculer avec une grande approximation quelle sera au maximum l'étendue drainée à la fin de la campagne 1850- 1857, qui s'effectue au moment où nous écrivons.

Nous n'avons pas besoin de grands détails pour justifier l'époque que nous indiquons comme pouvant seule servir à fixer la situation des travaux de drainage. On a vu, en effet, que les tuyaux ne peuvent se fabriquer que de mars à septembre; les travaux sur le terrain s'exécutent plus souvent d'octobre à mars. Chaque été on fait donc les tuyaux qui peuvent être employés en autonme, en hiver et au printemps.

Nous n'ajouterons qu'un mot avant de donner notre tableau récapitulatif; le lecteur y trouvera une situation très-différente des statistiques qui ont eu cours jusqu'à ce jour; nous dirons nettement que toutes ces statistiques sont erronées. Personne n'avait eu recours à tant de sources que nous; le Gouvernement lui-même, par l'intc^médiaire des préfectures, ne pouvait avoir une situation aussi exacte que celle que nous donnons, parce que

102 LIVRE VI. — STATISTIQUE DD DRAmAGE,

les ingénieurs du service liydraulique , consultés par les préfets, n'ont exécuté qu'une portion des travaux de drainage aujourd'hui achevés dans les différentes parties de la France.

f urfacc Nombre de

drainée., fabriques de

liectares. tuyaux.

Ain 3,000 19

Aisne 900 7

Allier 600 10

Alpes (Basses-) 12 i

Alpes (Hautes-) w „

Ardèclie « ,i

Ardennes 400 7

Ariége 25 4

Aube 100 G

Aude 100 2

Aveyron » 3 1

Bouclies-du-Riiônc 2 1

Calvados 1,500 7

Cantal » #

Charente 70 3

Charente-Inférieure. 15 2

Ciier 350 0

Corrèze 10 «

Corse 25 1

Côte-d'Or 300 fi

Côtes-du-Nord 320 3

Creuse 5 1

Dordogne 45 9

Doubs 27 2

Drôme 40 1

Eure 50 5

Eure-et-Loir 95 2

Finistère 150 2

Gard 7 1

Garonne (Haute-) 410 8

fiers 170 3

Gironde 600 10

Hérault 75 1

llle-et-Vilaine 30O 4

Indre 300 G

A reporter 10,006 14 1

SITUATION DU DBAINAGE EN FBANCE EN 1856. 103

Surface Nombre de

drainée. fabriques de lirctares. Uiyaiix.

Report lO.fCC 141

Indre-et-Loire 150 7

Isère 25 3

Landes 30 3

Loir-et-Clier 200 2

Loire 490 9

Loire (Hante-) 20 1

Loire-Inférieure 82 4

Loiret 600 4

Lot 5 3

Lot-et-Garonne 40 5

Lozère 2 3

Maine-et-Loire 1 ^000 7

Manche 45 2

Marne 150 10

Marne (Haute-) 250 3

Mayenne 500 il

Meurllie 103 t

Meuse. 370 4

Morbihan 250 3

Moselle 300 9

Mèvre 300 11

Nord 2,300 14

Oise 1 ,203 y

Orne 250 4

Pas-de-Calais 5,002 13

Pny-de-Dôme 120 0

Pyrénées (Basses-) '70 3

Pyrénées (Hautes-) 20 3

Pyrénées-Orientales 6 //

Rhin (Bas-) 120 1

Rhin (Haut-) 20 *

Riiône 15 II

Saône (Haute-) 80 2

Saône-et- Loire 250 1 2

Sarthe 353 7

Seine 35 1

Seine-et-Marne «,0C0 22

Seine-et-Oise 1,057 3

Seine-Inférieure 131 3

A reporter 34,050 358

Surface

Nombre de

draiii(!c.

fabriques de

liectairs.

tuyaux.

164 LIVBE VI. — STATISTIQCE DU DRAINAGE.

Report ,

Sèvres (Deux-) —

Somme

Tarn

Tarnet-Garonne

Var

Vaiicliise

Vendée

Vienne

Vienne (Haute-)

Vosges

Yonne

Totaux 35,112 39G

Ainsi, au milieu de 1856 il y avait en France environ 35^000 hectares assainis par le drainage. A raison d'une dépense de 250 fr. par hectare, l'agriculture de notre pays a consacré à cette opération, depuis 1850, époque où le drainage s'est un peu généralisé, jusqu'au milieu de 1856, la somme de 8,750,000 francs.

Le nombre des usines qui ont fabriqué des tuyaux pendant la belle saison de 1856, pour servir pendant la campagne 1856-1 857, s'élève à 396. La durée de la fabrication ne peut être portée qu'à 5 mois, qui, à raison de 25 jours de travail effectif par mois, font 125 jours de fabrication. Plusieurs fabriques possèdent des machines puissantes; quelques-unes même ont jusqu'à 3 et 4 machines. Cependant on ne doit fixer qu'à 2,500 tuyaux de tous calibres le nombre de tuyaux fabriqués en moyenne chaque jour de travail pour chaque usine. On trouve ainsi que chacune des 396 usines détaillées ci-dessus a dû faire 312,500 tuyaux. Nous avons vu que plusieurs font jusqu'à un million et plus, mais que d'autres atteignent difficilement une centaine de mille. Depuis le huitième rapport de

SITUATION DU DRAINAGE EN FRANCK EN 1856. 16ô

IM. Leclerc sur les travaux de drainage exécutés en Belgique en 1856, le détail de 99 fabriques de tuyaux donne une vente moyenne de 398,8o'2 tuyaux par fabrique. Ainsi notre chiffre moyen est certainement très-voisin de la vérité ; il correspond à 1 23,750,000 tuyaux, ou 124 millions en chiffre rond. Par hectare il faut en tout, déchet compris, 3,063 tuyaux, selon les détails donnés par M. Leclerc (voir plus loin, p. 172); on peut donc drainer dans la campagne acluelle (1856-1857) 33,852 hectares, c'est-à-dire une fois autant qu'il y a déjà de terrains assainis. Il ne faudrait que 8,463,000 fr. à l'agriculture française pour exécuter un tel travail, pour lequel elle est maintenant montée en matières premières, en outillages et en hommes. Si, en vertu de la loi des 100 millions, on accordait cette année et la suivante 10 millions de francs pour améliorations agricoles, on ne surchargeriut probablement pas dans une mesure exagérée les finances du pays, et l'on permettrait au mouvement progressif, actuellement déterminé, de suivre son es-or.

Dans tous les cas, il résulte des détails dans lesquels nous sommes entré que dans le courant de 1856 il y avait 35,000 hectares drainés, que dans le courant de 1857 on peut en faire 34,000 aulres; en tout 69,000 hectares peuvent donc être achevés cette année. La situation des progrès agricoles étant à peu près la même au moment où nous écrivons qu'en 1856, il est probable que dans la campagne 1857-58 on ne drainera non plus que 34,000 hectares. A moins que l'on n'augmente encore le nombre des fabriques, on a dans les chiffres précédents une mesure exacte de la marche possible de cette amélioration foncière dans notre pays.

Les départements qui avaient le plus drainé jusqu'en 1850 sont: Seine-et-Marne, 8,000 hectares; Pas-de-Calai?^

5,000 ; Ain, 3,000 ; Nord, 2,300; Calvados, 1,500; Oise, 1,200; Seine-et-Oise, 1,060; Maine-et-Loire, 1,000; Aisne, 900; Allier, 600; Gironde, 600; Loiret, 600; Mayenne, 500; Loire, 490; Haute-Garonne, 410; Ardennes, 400.

Ces 16 départements ont drainé ensemble plus des trois quarts de la surface assainie, ou 28,000 hectares sur 35,000 environ.

Viennent ensuite dix départements , savoir : le Cher, la Côte-d'Or, les Côtes-du-Nord, l'Ille-et-Vilaine, l'Indre, la Meuse, la Moselle, la Nièvre, la Sarthe et le Tarn, ayant drainé chacun entre 300 et 400 hectares ;

Sept départements, savoir : Loir-et-Cher, Haute-Marne, Morbihan, Orne, Saône-et-Loire, Tarn-et-Garonne, Yonne, ayant drainé chacun entre 200 et 300 hectares.

Douze départements. Aube, Aude, Finistère, Gers, Indre-et Loire, Jura, Marne, Meurthe, Puy-de-Dôme, Bas- Rhin, Seine-inférieure , Vosges , ayant drainé entre 200 et 100 hectares;

Cinq départements, savoir : Charente, Eure-et-Loir, Hérault, Basses-Pyrénées, Haute-Saône, ayant drainé entre 100 et 50 hectares.

Les 48 autres départements ont drainé moins de 50 hec* tares chacun, et n'en sont encore qu'à des essais.

Il existe des services départementaux de drainage dans les départements suivants: Ain, Loire, Nord> Saône-et* Loire, Haute-Vienne, Yonne. Dans presque tous les déparstements, les ingénieurs du service hydraulique ont été chargés spécialement de s'occuper du drainage. On trouve des ingénieurs ou des entrepreneurs habiles dans Seineet-Marne, le Nord, l'Aisne, le Pas-de-Calais, la Seine-In^ férieure, Seine-e'.-Oise, la Haute-Marnej etc. Les principaux sont :

SITUATION DU DAAINAGK EN FRANCK EN I8â6. 1C7

M. Aboilard, d'abord ;i Melun (Seine-el-Mainc), maintenant à Paris, au rond-point de la barrière de l'Étoile, n° 10;

M. Charles Barbier, à Chaumont (Haute-Marne) ;

M. Bordillon, à Bierné (Mayenne);

M. Chandora, à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne) ;

M. Chauviteau, rue du Vingt-Neuf-Juillet, n° 5, à Paris;

M. Corbent, à Écourt-Saint-Queutin (Pas-de-Calais);

M. Dubois, à Lille (Nord) ;

M. Dubost, à Bourg (Ain);

M. Lauret , à la Chapelle-Gautier (Seine-et-Marne) ;

M. Marc, à Gournay (Seine-Inférieure);

M. Mille, à Monlbrison (Loire) ;

M. QuénoUe, à Compiégnc (Oise).

M. Batel, à Nangis (Seine-et-Marne);

M. Uicliard de Jouvance, à Versailles (Seinc-et-Oise) ;

M. Rérolle, professeur-ingénieur à l'École impériale de la Saulsaie (Ain) ;

M. Roberty, au château de la Lambcrtic, près Sainte-Foy la Grande (Gironde);

M. Salomon, à la fenne-ccole de Poussery (Nièvre);

M. Viaune, 44, rue de Varennes, à Paris;

M. Vitard) à Beauvai8(0ise).

Nous n'avons pas d'ailleurs placé dans celte liste les nombreux ingénieurs des ponls et chaussées qui s'occupent dans plusieurs départements de venir en aide aux agriculteurs qui veulent faire du drainage* Nous ren^ voyons le lecteur aux détails que nous avons donnés plus haut sur chaque département.

Page 1