DES FORMES A DONNER AUX TUYAUX
venir que pour des tuyaux de petite dimension, n'ayant que 25 ou 30 millimètres de diamètre intérieur, et environ 50 millimètres à l'extérieur.
Fig. 57.— Tuyau cylindrique.
Dès que les dimensions devaient être plus considérables, on prétendait que la forme ovoïde (fig. 58) ou à section
Fig. 58. — Tuyau à section elliptique.
elliptique serait bien préférable. Les raisons alléguées en sa faveur consistaient en ce que l'on prétendait que l'eau y séjournerait moins que dans les tuyaux cylindriques, et qu'elle y conserverait, même lorsqu'elle ne serait qu'en petite quantité, une vitesse suffisante pour s'opposer à la formation de dépôts dans l'intérieur des conduits. Une difficulté seulement se présentait : c'est que, ces tuyaux ayant peu d'assiette au fond de la tranchée et se dérangeant facilement, la pose ne s'en effectuerait pas commodément. Pour éviter cet inconvénient, on proposa de conserver la section elliptique à l'intérieur du tuyau, mais de ménager un empâtement à l'extérieur. Dans les tuyaux moyens, ayant 60 millimètres de diamètre intérieur et 80 millimètres de diamètre extérieur, l'empâtement consistait en un rebord destiné à augmenter l'assise (fig. 59). Dans les gros tuyaux ayant 80 millimètres de diamètre intérieur et 110 millimètres de diamètre extérieur, l'épaisseur de la poterie était assez grande pour qu'il suffit de terminer en plan la partie inférieure (fig. 60).
Mais toutes ces formes doivent être reléguées parmi les inventions inutiles. Les travaux de drainage ne compor-
Fig. 59. — Tuyau a\ ec empâtement.
tent aucune complication. C'est pourquoi nous ne croyons pas que, dans le plus grand nombre de cas, il soit absolu-
Fig. 6u. — Gros tuyau ayant une base plane.
ment nécessaire, comme on l'a prétendu , d'engager les extrémités des tuyaux dans des colliers ou manchons en terre cuite, ainsi que le représente la figure 61, au lieu de
Fig. 61. —Tuyaux réunis par un manchon ou collier.
les placer simplement bout à bout. Ces colliers, qui ont été employés dans un certain nombre de grands drainages, ont de 0m.07 à 0,n.10 de longueur, et un diamètre intérieur un peu supérieur au diamètre extérieur des tuyaux qu'ils sont destinés à embrasser, afin que ceux-ci y entrent facilement.
Pour éviter l'emploi des colliers , et afin de faire en sorte que les tuyaux placés bout à bout ne se dérangeassent pas et qu'ils restassent plus solidaires les uns des autres, on a aussi proposé de terminer leurs extrémités par des lignes courbes s'enchevètrantles unes dans les autres (fig. 62). Ces sections en lignes courbes peuvent s'obtenir facilement
DKS F011MKS A DONNI.K AUX TUYAUX.
par une légère modification dans les appareils qui sont destinés à couper les tubes de longueur, et que nous verrons
Fig. 62. — Tuyaux s'enchevétrant par sections à diverses courbures.
plus loin. Mais nous ne regardons cette invention que comme une complication inutile lors de la pose des tuyaux, à cause de l'attention qu'elle exige des ouvriers.
L'emploi de tuyaux à renflements, ainsi que l'usage de tuyaux coniques, comme ceux que M. Hamoir nous a appris avoir été découverts aux environs de Maubeugc (1), ne nous semblent pas non plus présenter les avantages qu'on leur a attribués. On a pris récemment en Belgique et en France des brevets d'invention pour une machine fabriquant directement, à l'une des extrémités des tuyaux cylindriques, un renflement dont la figure 63 donne le dessin,
Fig. G:;. — Tuyau à rcnflemenl»
et la tigure Gi la coupe longitudinale. Ces tuyaux seraient destinés à amener la suppression des manchons. Le ren-
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Fig. oi. — Coupe longitudinale d'un tuyau à renflement.
ûeinent n'a qu'une longueur égale à la moitié seulement des manchons; il est par conséquent moins coûteux. Partout
(l) Voir p. 28.
où l'emploi des manchons est avantageux , celui de ces tuyaux nous parait devoir être préféré.
Nous n'attachons aucune importance à l'idée de se servir de colliers criblés de trous, pour rendre plus facile l'introduction dans les tuyaux de l'eau dont il s'agit de se débarrasser. L'expérience a démontré que l'eau trouve assez d'issues entre les joints toujours imparfails des tuyaux. Nous ne croyons donc pas qu'il y ait lieu de recommander d'autres tuyaux que les tuyaux cylindriques, placés bout à bout, et ayant des dimensions variant suivant la quantité d'eau qui doit s'en écouler. Les filières à travers lesquelles on fera passer la terre pour mouler les tuyaux de drainage devront donc être rondes, et analogues à celles employées depuis longues années déjà dans la fabrication des tuyaux de conduite d'eau.