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CHAPITRE

Etirage des tuyaux

Quelles que soient les machines dont on se serve pour l'étirage, la forme des tuyaux est obtenue à l'aide d'un

moule ou d'une filière , organe identique dans tous ces appareils.

La filière est une plaque de fer que l'on visse en avant de la boîte à glaise. Cette plaque est percée d'autant de trous que l'on veut faire à la fois de lignes de tuyaux. Ces trous sont circulaires; ils ont le diamètre intérieur des tuyaux (fig. 67). Au centre de chaque trou se présente un petit cylindre ayant le diamètre intérieur des tuyaux. Ce cylindre de fer ou noyau a (fig. 68) est porté par une tra-

Fig. 67.— Filière pour mouler les loyaux. Fig. 68. —Noyau de la lilière.

verse horizontale et deux montants verticaux b et c , faisant corps avec la plaque. De cette façon , il reste un vide annulaire à travers lequel la terre sort en se moulant en tuyaux.

Pour ôter les tuyaux de dessus les tables sur lesquelles ils glissent au sortir des filières, on se sert de mandrins en bois attachés à un même manche } de manière à former comme les dents d'un peigne (fig. 69). Chacun de ces man-

Fig. 6«j. — Maiulrins pour saisir les tuyaux.

drins ou cylindres de bois pénètre dans les tuyaux, qu'on

ÉTIRAGE DES TUYAUX. 1j7

porte alors , sans les déformer, sur les claies que nous décrirons quand nous parlerons du séchage. Les peignes ont autant de mandrins que Ton étire de tuyaux à la fois.

Une curette (fig. 70) sert à bien nettoyer les boîtes à glaise et les filières de tous les corps étrangers, et notam-

Fi,;. 70. — Curette pour nettoyer les machines.

ment de l'argile, provenant d'une opération précédente , afin d'éviter les défauts d'homogénéité dans les tuyaux.

Une qualité essentielle que l'on doit particulièrement rechercher dans une machine, c'est qu'elle puisse épurer elle-même la terre de toute matière étrangère, cailloux , pierres, etc. Les machines à piston de M. Clayton ou de M. Rouillier, dans lesquelles le cylindre s'enlève quand la terre a été chassée par le piston, en se séparant facilement alors de la filière, permettent seules une épuration facile. Dans les meilleures machines à boîte rectangulaire de Calla, de Whitehead , de Scragg , de Williams, etc. , l'épuration n'est réellement pas possible. En effet, soit qu'on mette une plaque percée de trous en avant de la filière pour épurer en même temps qu'on fabrique, soit qu'on remplace la filière par cette plaque pour épurer avant de fabriquer, une difficulté se présente : comment enlever le gâteau qui reste contre la plaque épuratrice et en bouche les trous ? On ne pourrait y arriver qu'en démontant la plaque et en nettoyant ensuite avec la curette. Cette opération demanderait un temps extrêmement long. Au contraire , dans les machines de Clayton, le cylindre vide s'enlève, sans aucune difficulté, pour céder la place au cylindre qu'on a rempli de terre pendant qu'on épurait une charge de pâte, et la curette nettoie immédiatement la plaque épuratrice restée

en place. La terre épurée sort en filets analogues à du macaroni; l'ouvrier prend ces filets , en fait une motte de terre en pétrissant avec ses mains, et donne ensuite à la motte une densité suffisante en la jetant de haut sur une table solide (fig. 71), où il finit par en faire une sorte de

Fi». 71. — Pétrissage de la lerre épurée.

pain prêt à être placé dans la machine lorsqu'on fabriquera. La table doit toujours être tenue parfaitement propre, afin qu'il ne se mélange jamais à la terre aucune partie dure qui lui oterait son homogénéité. Dans la fabrique

KTIRAGK DKS TUYAUX.

fondée par M. Gareau, et dirigée actuellement par M. Lauret, à la Chnpelle-Gauthier (Seine-et-Marne), on épure la terre avec beaucoup de soin, et on obtient ainsi des tuyaux qui ne donnent qu'un déchet presque insignifiant, par rapport à celui que nous avons constaté dans les ateliers où on n'épure pas. Outre ce premier avantage, il y en a encore un autre très important : c'est que, dans une journée de travail , les deux tiers du temps sont employés à l'épuration, et le tiers seulement à la fabrication. Eh bien ! la fabrication est alors si rapide qu'on fait dans un tiers de journée autant de tuyaux que dans les autres fabriques pendant la journée entière.

. Si donc on avait trois machines, deux pour épurer la terre et une seule pour étirer les tuyaux, on fabriquerait en

Fig. 72. — Fil de laiton pour couper la terre.

Fiji. 7> — Pilon pour lasser la terre dans les boites à glaise.

un jour une quantité de tuyaux égale à celle que produisent les machines qui marchent avec un manège et un broyeur.

La terre bien malaxée, et mieux encore bien épurée, est mise en pains préparés autant que possible le jour même de l'étirage. Ces pains doivent être posés sur des aires extrêmement propres.

Un ouvrier coupe les pains en tranches minces, à l'aide d'un fil de laiton terminé aux deux extrémités par deux poignées (fig. 72). On tasse ensuite la terre à l'aide d'un pilon (fig. 73) dans la boîte qui doit la recevoir avant qu'un piston ou tout autre procédé la force à passer à travers les moules. On nettoie toujours soigneusement la boîte de la machine avec la curette, chaque fois qu'on la remplit. Les tuyaux sortant des moules ou filières sont coupés, à une longueur convenable , par un fil de laiton qui fait partie de la machine.

L'ouvrier qui fait mouvoir le fil coupeur de la machine saisit les tuyaux avec les mandrins, et les place sur des claies mises à sa portée par une femme ou un enfant.

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