‹ Drainage des terres arablesChapitre 58 sur 166 · MACHINK VERTICALE DE CLAYTON · texte numérisé non relu

MACHINK VERTICALE DE CLAYTON

on remplit de terre un second cylindre B, que l'on voit sur l'arrière du dessin, afin de pouvoir le mettre en place aussitôt que le premier est vidé. De cette façon, on ne perd pas de temps dans la fabrication. Pour opérer ce remplacement des cylindres , on relève le piston qui s'est abaissé, en ouvrant une petite soupape placée vers la partie inférieure de ces cylindres. L'air extérieur peut ainsi rentrer sans difficulté.

Fig. 74.— Machine verticale de Clayton, à décharge également verticale.

Le piston, étant arrivé au haut de sa course, sort du cylindre, que Ton fait tourner autour d'un axe vertical pour l'amener sur l'arrière de la machine; ce cylindre laisse en place la filière et vient se poser sur un fond, pour qu'on puisse y piloner la nouvelle charge de pâte. Un gâteau tout formé reste sur la surface de la filière, et la terre garnit toujours celle-ci, de sorte que l'opération marche très-régulièrement. Cette machine, non compris les moules, coûte 625 Ir.

M. Clayton a placé plus tard les filières ou moules, non

plus sur le fond des cylindres,, mais bien latéralement, en N, de telle sorte que les tuyaux pussent se décharger horizontalement (tig. 75), en glissant sur une table l\, où des couteaux S, formés simplement par des arcs dont la corde est en fil de fer, s'abaissent et se relèvent pour les couper de longueur. Cette nouvelle machine ne peut être employée sans inconvénient que pour les tuyaux d'un petit diamètre. Sans les moules, elle coûte en Angleterre 750 fr. Elle

Fig. 73- —Machine verticale de Clayton, à décharge horizontale.

donne jusqu'à 1000 tuyaux à l'heure, mais elle exige cinq ouvriers.

En Belgique, à la fabrique de Haine-Saint-rierre, la machine complète, avec la table pour charger les cylindres, la table à rouleaux pour couper les tuyaux, les mandrins pour les recevoir, huit moules et la plaque en fer pour épurer la terre, est du prix de 1050 fr. Son poids est de 1250 kilogrammes.

Nous entrerons pour les machines Clayton, à cause de

WACHTKX VERTICALE DE CtATTON. 103

leur importance, dans quelques détails destinés à faire disparaître toute l'obscurité que pourrait laisser le simple énoncé de leur principe.

Les cylindres A et 13 (fig. 7i et 75) sont ouverts par les deux bouts, et reliés chacun par des oreilles à douille à une tige verticale autour de laquelle ils peuvent tourner. Un levier, rnù par une pédale inférieure, agit sur les douilles qui glissent le long de la tige, et permet de soulever chaque cylindre séparément. Ces cylindres servent alternativement au travail : l'un repose sur une table C, fixée à l'arrière de la machine, tandis que l'autre s'appuie sur une plaque d'assise D. et y est maintenu au moyen de petits taquets mobiles. La tige du piston qui presse la terre est reliée en haut à une pièce, dont les branches verticales sont terminées intérieurement en crémaillères L, L. Sur celles-ci agissent des pignons auxquels le mouvement de la manivelle est transmis.

Une caisse en fonte N est établie au-dessous de la plaque d'assise du cylindre, et sa face antérieure reçoit le moule dans la machine à décharge horizontale (fig. 75). La table R, formée d'une toile sans fin, tendue sur des rouleaux en bois, supporte les tuyaux, qui sont coupés à la longueur voulue par les archets S.

Quand on emploie la décharge verticale (fig. 74), la caisse en fonte n'existe pas; le moule est appliqué directement sur la table D, au fond du cylindre.

Pendant que l'ouvrier fait descendre le piston en tournant la manivelle, un second ouvrier, placé sur le marchepied de l'arrière, remplit le cylindre B (fig. 74 et 75) avec de l'argile qu'il tasse fortement; il place sur la partie supérieure de celle-ci un disque en bois d'un diamètre un peu plus petit que celui du cylindre. Quand le piston est arrivé au bas de sa course, l'ouvrier qui fait mouvoir la machine,

ICi LIVRE IV. — FABRICATION DES TUYAUX DE DRAINAGE.

après avoir ouvert une petite ouverture percée vers le bas dans la paroi du cylindre pour permettre l'entrée de l'air, tire l'axe de la manivelle dans le sens de sa longueur, de manière à désengrener le pignon a, et à engrener un second pignon à une contre-roue située du côté opposé de la machine, et calculée de manière à ce que l'on puisse ramener le piston au haut de sa course en un temps court, au moyen de quatre tours de manivelle seulement.

L'ouvrier placé à l'arrière agit alors sur la pédale, soulève un peu le cylindre A, l'attire à lui , l'amène sur une table dans la même position que le cylindre B, et enlève le disque en bois qui est resté sur le haut de la caisse. Posant ensuite le pied sur la seconde pédale, il soulève le deuxième cylindre B, le pousse au-dessus de la plaque d'assise, le laisse descendre, et l'y assujettit à la place de A. Pendant que l'on fait de nouveau descendre le piston, l'ouvrier remplit le cylindre arrivé sur l'arrière pour le substituer de nouveau à celui qui est sur le devant lorsqu'il sera vide, et ainsi de suite. Des aides en nombre suffisant manœuvrent l'appareil à couper les tuyaux, enlèvent ceux-ci, et les transportent au séchoir.

Le travail marche presque sans interruption ; car il ne faut qu'un temps très-court pour relever le piston et pour changer les cylindres. Dans les autres machines, il y a au contraire un temps d'arrêt considérable, nécessité par le remplissage de la caisse à argile.

M. Gareau, membre du Conseil général de Seine-et- Marne, a importé en France, dès 1848, les machines verticales de M. Clayton : cet agriculteur distingué, qui a fait faire un grand nombre de tuyaux et qui a une grande habitude des travaux de drainage, préfère, pour les tuyaux cylindriques, les seuls que l'on doive conseiller aujour-

MAGIIINk VERttCAtÈ 1)1: CtAYïOIf. If,;)

d'hui, la décharge verticale. Ce mode de décharge a, selon lui, l'avantage de ne pas déformer les tuyaux, et de ne pas exiger, par la suite, autant de main-d'œuvre pour les rebattre ou les rouler. Nous devons dire que le plus grand nombre de draineurs n'adopte pas cette manière de voir, et que presque partout on se sert de décharges horizontales. Les raisons de M. Gareau en faveur de la décharge verticale nous ont paru déterminantes pour la facilité de l'épuration. Sur ce point, l'opinion des autres draineurs nous semble ne pas être aussi bien motivée ; nous y reviendrons plus loin.

Page 1