MACHINE DE WILLIAMS
On voit en A la caisse à argile ; elle est fermée à la partie supérieure par un couvercle. Un piston B s'y meut horizontalement. La paroi qui est en avant de la caisse est fermée par une plaque en fonte qui compose le moule, et que l'on peut changer à volonté selon les tuyaux que Ton doit fabriquer. Le piston est attaché à une crémaillère R, mise en mouvement par un pignon H, dont Taxe porte un second pignon mis en relation avec un système de roues et de pignons calculé de manière à multiplier la force de l'ouvrier qui met en mouvement la manivelle K. Un ressort T prévient cet ouvrier que le piston est au bout de sa course, par le bruit qu'il fait en passant au-dessus de l'une des dents R, plus élevée que les autres.
A l'avant de la caisse est une table F, composée d'une toile sans fin que portent de petits rouleaux en bois bien mobiles, et sur laquelle les tuyaux se placent d'eux-mêmes, au sortir du moule. En I, I sont des archets reliés à une charnière placée le long de la table; chacun de ces archets est muni d'un fil de cuivre tendu qui sert à couper les tuyaux.
Dans la caisse A , un peu en arrière du moule, est fixé un crible D, composé d'un cadre rempli par un grillage en forts fils de fer qui se croisent à angle droit, et qui ne laissent entre eux qu'un intervalle d'environ 4 millimètres de côté. Ce crible a pour objet de retenir les pierres et les racines que l'argile peut renfermer, c'est-à-dire de l'épurer.
La terre, divisée en minces feuillets, est projetée avec violence, puis tassée dans la caisse A, de façon à y laisser le moins d'air possible. Quand la caisse est pleine, on referme le couvercle et on l'assujettit au moyen d'une barre en fer E. La terre, poussée par le piston, sort en se moulant à travers la filière. Les tuyaux ainsi formés sont coupés et
emportés de dessus la toile sans fin F. Quand la caisse est vide, on imprime au piston un mouvement rétrograde, en tournant la manivelle en sens inverse; on soulève le couvercle, on en nettoie le dessous , on enlève les pierres restées devant le crible, et on recharge à nouveau, pour continuer indéfiniment les mêmes manœuvres.
En Belgique on a beaucoup employé les machines de Williams; d'après le Rapport de M. Lefour, il y en avait à la fin de 1850 dans toutes les provinces de ce pays, à l'exception du Luxembourg; le Hainaut en possédait 4, la Flandre occidentale 2, le Brabant 2. M. de Maisons, agriculteur à Batilly par Ëcouché (Orne) , a introduit dans son département la machine Williams; il l'a achetée en i851 à la fabrique de Haine-Saint-Pierre.