BSSEX ET LE DUC D'ALENCON
ce qu'il a entendu ; il est assuré que Blanca n'est pas d'accord avec le comte, et qu'elle lui aurait dit ce que le duc lui a dit, s'il ne l'avait prévenue. Enfin 11 conclut ainsi :
« Encore une fois, comte, rentrez en vous-même ! Renoncez à un projet si infâme ! Redevenez vous-même ! Mais si vous ne voulez pas suivre mon conseil, souvenez-vous de ce que je vous dis : vous avez une tête sur les épaules, et il y a un bourreau à Londres*. »
Là-dessus, le duc s'éloigne, laissant Essex dans le plus extrême emljarras : il lui paraît douloureux d'être pris pour un traître^ et cependant il ne peut pas pour le moment se justifier aux yeux du duc; il faut qu'il attende avec patience l'issue qui doit prouver qu'il n'a jamais été plus fidèle sujet qu'au moment où il paraissait l'être le moins *. C'est ainsi qu'il se parle à lui-même; quant à Blanca, il lui dit qu'il va aussitôt expédier la lettre à son oncle, et il sort. Blanca en fait autant, après avoir maudit sa mauvaise étoile et s'être ensuite consolée par la pensée que le secret du comte n'est pas tombé en de plus mauvaises mains que celles du duc.
La reine paraît avec son chancelier, à qui elle a confié ce qui lui est. arrivé dans le jardin. Elle ordonne que ses gardes du corps occupent avec soin tous les abords du château, et elle se propose de retourner à Londres le lendemain. Le chancelier est d'avis de faire rechercher les meurtriers et d'offrir par une proclamation une récompense considérable à quiconque les dénoncera, fût-ce même un de leurs complices.
« Comme il y en a deux, dit-il, qui ont pris part à l'attaque,
1 . Miradio mejor, dexad 2. No he de responder al Buque Un intento tan indigno, Hasta que el succeso inismo
Corresponded a quien sois, Muestre como fueron fal»os
Y sino bastan avisos. ' De mi traicion los indicios,
Mirad que ay verdugo en Londres, T que soy mas leal, quanto
T en Tos cabeza, harto os digo. Mas traidor he parecido.
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QUÂHÀNTE-QUATRIEME SOIRÉE.
il est possible que l'un des deux soit aussi déloyal envers son ami qu'envers sa souveraine ^ »
Mais la reine n'approuve pas ce conseil; elle trouve préférable d'étouffer entièrement Tafifaire et de ne pas. faire connaître qu'il s'est trouvé des hommes capables d'un pareil attentat.
« On doit faire croire aux gens, dit-elle, que les rois sont assez bien gardés pour que la trahison ne puisse pas pénétrer jusqu'à eux. 11 vaut mieux taire les forfaits extraordinaires que de les punir. L'exemple du châtiment est inséparable de celui du crime; et souvent le dernier peut séduire tout autant que l'autre peut effrayer*. »
Cependant Essex est annoncé et introduit. Le rapport qu'il fait sur son heureuse expédition est court. La reine lui dit d'un ton fort obligeant : « Puisque je vous revois, je sais l'issue de la guerre *. » Elle ne veut prêter l'oreille à aucun détail avant d'avoir récompensé ses services, et elle ordonne au chancelier de prépaï^er aussitôt pour lui Fa patente d'amiral d'Angleterre. Le chancelier sort; Elisabeth reste seule avec le comte. L'entretien devient plus intime; Essex porte l'écharpe que la reine reconnaît, et cela suffirait pour apprendre au comte que c'est de la reine qu'il la tient, s'il n'avait déjà pu le conclure du récit d« Blanca. La reine aimait depnis longtemps Essex en secret et maintenant elle lui doit la vie*. Elle a toutes les peines du monde à cacher son inclination. Elle lui adressie diverses questions pour te faire parler, afin de savoir si son
1 • T pues son dos los culpados, Podré ser, que alguno de ellos Xiitregue al oCro ; que es Uano, Que seré traidor amigo Quien fue desleal vassallo.
1. T et gran materia d«- estado Dar a enteoder, cpie los Beyes Estan en si tan goardados.
Que aeaque la traidon ks basque, Nuncft ha de poder hallurhw;
T asi el secreto avevigue Enormes delitos, quando Mas qn« el castigo, efleannientos Dé de exemplares el pecado.