‹ Dramaturgie de HambourgChapitre 171 sur 226 · chap. de la Poétique, (Note de Vauteur · texte numérisé non relu

chap. de la Poétique, (Note de Vauteur

3. H. s***, dans la Préface de son Théâtre comique ^ p. 3. (Note de Vauteur.) -— Nous ne savons qui l'auteur peut indiquer ici , à moins que ce soit Sonnen* fels (de Vienne). {Trad.)

7tm Q^ Mit ATSTE-nnirvEmm mssée.

fUntHanâ:^; oartoutllomiiar^'estsijii^et eiiac^ «i]<i«rtu de c« stntimeiiÉ, cpiaiidlil Yok vaauÉpe homis»! «xposé au malheur. Il pourrait btôn atHrivei**qiie quelqufuii eikila ûuitaisie 4a- le nier dâ.soi ; mak. ce serait renkr ses sejautiïoents naturels; et ainsi aesecait une simple vanterie inspirée pan de mauvais motifs et sans réflexion. Ainsi, quand même un malheur tomberait sar une personne vicieuse, sur laquelle notre attentions se troisve attachée^ nous perdions de Tvie se» vrces, pour WB» phis* Torr «i elle que notre semiiîfebltet Le speetiaeie de nirftirtune cïter nos semfefebtes en généra* ejKite' notre tristesse, et te sentiment soudain et triiste qui »'ensuft «ussrtdt est la terreur. »

Très-Bien;' raaîs' hors dte propos. Cap qt^est-ce que cela dit contre Anstote? Rien;. Aristote-ne songe pas à ce genre d'effroi, qntmd il* parle dfela crainte où nous ne pouvaœs être jietës que par le malheup de notre semfelîable. Cette terreur, qui nous saisit au spectacle soudain d*iHi coup qui va frapper un autre homme, est une terreur sympathique, «b se t£QH£»«5|MircinâéqisiieM déjà ei&mpinsâf dair^ lai pkié. Avv&t&lse fie- É/miè f9is^ pitié etevamêe, si par ha cFanate il fl'entendlaît cpi'jfne simpie modification de te pîtfié.

« Lapitii^,. dit.rauteur des Lettres sur les &insatidn»^, est ua sentiment complexe^ qpi se, compose de l'amour qu'on a pour une personne et du chagrin (D^'inspire son malheur. Les monitements par lesq^iels la pitié se manifeste sont différents des âViBiptÔmesr simples de Tamour et du chagrin, car la pitié est un phénomène sensible. Mais. q,ue de diversité il peut y avoir dans ce phénomène ! Changez, seulement dans lé malheur dont on s'aiÏÏig^ les conditions de temps : la compassion se manifesrtera aussitôt par des signes différents. Lorsque Electre pleure sur l'urne qui renferme les cendres de son frère, nous éprou- Tons mte tristesse comp^ef^^nte ; ear elle tten^ san ma;lheur pour accompSr et ^plore une perte qp'ëife a; faite. Ce que nous éprouvons en Toyant les souffrances de Philoetète esi eneoee

ée l'auteur,)

éB* la pitié, mai» 4S\iu%! tool auÉ» naioff;: cap tes. torteffesqae eet kômao'. Tevtaews fiiidure. saiil iffésente» et Taiteignent SQua nos yeiuL. Quand CEdipe s'épouvanj» de la réTélation soodaioe du grand, secret. de sa. destinée; quand Monimeife'efrra^e devoir la jalousie de Biithridate se démasquer;. qjuand la vertueuse Desdémone s'inquiète d'entendre Othello, jusqu'alors si tendL*e, Tui parler d'un ton si menaçant, qu'ëprouvons^nousî Tbnjoursdte la compassion Mffaiiy c'est une horreur; nne crainte, mm terreur eumpatisHante. Les mouremfeiTtB sent difUrenfi; nais Teseenee des scmsations: est toujours lâ^ même.. En effet, ïamour esfti tDojouFS accompagné d^uitô dispositioir à noBs mettiie à Im pisace de Hapetsonna aimée : aâfisipantageoAS-Bous toutes les passions de cette personne^ et c!eat ee.qp'on apçeUe tcès-bien: compassion ^ Pourquoi donc la. compassion ne pour* raitrelie pas naître également de la crainte,, de la terreur, de la colère, de la jalousie, du désir de la vengeance, et en général de toutes Tes espèces de sentiments désagréables,, sans en excepter Ten vie?'

cp On voit par là* combien la plus gramife partie dés cr£^(fU€fs a- eu tbrt de partager les" passions tk^iques^ enr terreur et en pitié'.. Terreur et pitié! Est^ee^o»: la terreiK*au: ânéàtre n'est pus une espèce de pitié? Pour qtii le spectateur s'effraye-t^tl, quand. Mérope tidre le poignard contoe son fils? Évideminentptts pouff UÛHnème,, mais pour Ëgistiie. à. qui lion s'intéresse tant, et pour la. reine qui, dans son erreur, le prend pour le meurtrier de son fils. Si nous voulons appeler pitfé seulement fe chagrin que nous inspire le malheur présent d*un autre, ilfkut distinguer dte la pitié proprement dite, non-seoiément la terreur, nmis encore toutes les aufres^ passions que nous ressen*tionas' pftr ^mpafhve. » '

(ïT'ExxT, i9' janvier IT68). — Ces pensées sont si jÎTStfes; sr cfaîres, si lumineuses, qu'il noi*s semble que tout ïe rcoade aurait pu et dû les avoir. Cependant je ne veux pas

1. Le mot allemand Mitleiden a, sur le mot français, TaTantage éa «j|n^ififlr épdemfent bieneiimpa«aio».et «yinpaffcie. {Trad.)

2. Yoy. la note ci^dessus. Il nous est impossible dé rendra le yru sens^ qm repose sur une espèce de jeu de mots. Eleoa.^ en grec*, signifie précisément pitié et non pas sympathie en ipénéral. La moi MUIèiden- tàffâSe ,^em^aë:ài^, ij^npa^ tkie, et en particulier pilié, (Trad,)

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attribuer au philosophe ancien les pénétrantes remarques du moderne; je sais trop bien les services que ce dernier a rendus à la science des sentiments complexes; c'est à lui seul que nous en devons la véritable théorie. Mais il est possible qu'Aristote ait senti à peu près dans l'ensemble ce que ce dernier a si parfaitement analysé. Du moins, on ne saurait nier ceci : ou Arislote a cru que la tragédie ne pouvait et ne devait exciter que la pitié proprement dite, c'est-à-dire le chagrin qu'on ressent du mal présent d'un autre (ce qu'il est difficile de supposer de sa part); ou bien il a entendu, sous le terme de pitié ^, toutes les passions que nous partageons avec un autre.

Car ce n'est certainement pas Aristote iqui a fait Indivision justement blâmée des passions tragiques en pitié et en terreur. On l'a mal entendu et mal traduit. Il parle de pitié et de crainte, et non de pitié et de terreur ^; et la crainte dont il parle n'est pas celle que le mal qui menace un autre éveille en nous pour cet autre, mais celle qui naît en nous pour nous-mêmes de la ressemblance qui est entre nous et la personne malheureuse : c'est la crainte d'être atteints nous-mêmes des coups que nous voyons suspendus sur cette personne; c'est la crainte de devenir nous-mêmes un objet de pitié. En un mot, cette crainte n'est autre chose que la pitié étendue à nous-mêmes.

Il faut toujours commenter Aristote par lui-même. Si quelqu'un veut nous donner un nouveau commentaire de la Poétique, qui laisse bien loin en arrière celui de Dacier, je lui conseille avant tout de lire les ouvrages du philosophe d'un bout à l'autre ^ Il trouvera des solutions aux difficultés de la Poétique là où il s'y attendait le moins;

1. Toy. la note ci- dessus. Lessing semble prendre pour accordé que le mot Uto{ peut être l'équivalent de l'allemand Mitleiden , pris dans son sens le plus éleadu. {Trad.)

2. Voyez, sur ce sujet et sur toute cette discussion, Lessing, etc., par L. Crouslé, p. 257-272. {Trad.)

3. Yoy. E. Egger, Poétique d'Aristotey traduction et commentaire, à la suite de l'Essai sur l'Hist. de la Critique chez les Grecs, [Trad.)

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