ACTE II, SCÈNE H
Abandon , guerre, exil , deuil , misère et terreur, Que d'être impératrice avec un enipereur 1
DON CARLOS
Que cet liomnie est heureux I
bONA sou
Quoil pauvre, proscrit même?.*
DON CARLOS
Qu'il fait bien d'être pauvre et proscrit , puisqu'on l'aime I ' — Moi je suis seul ! — Un ange accompagne ses pas l ' — Donc ^ vous me haïssez?
Je ne vous aime pas.
DON CARLOS la saisissant avec violencri
Hé bien ! que vous m'aimiez ou non , cela n'importe ! Vous viendrez, et ma main plus que la vôtre est forte. Vous viendrez ! je vous veux ! Pardieu , nous verrons bien Si je suis roi d'Espagne et des Indes pour rien!
DONA SOL se débattant;
Seigneur ! ô par pitié! — Quoi ! vous êtes altesse !
«8 HERNANI
Vous êtes roi. Duchesse , ou marquise , ou comtesse^ Vous n'avez qu'à choisir. Les femmes de la cour Ont toujours un amour tout prêt pour votre amour. Mais mon proscrit , qu'a-t-il reçu du ciel avare? , Ah I vous avez Castille , Aragon , et Navarre , Et Murcie , et Léon , dix royaumes encor !
Et les Flamands, et Tlnde avec les mines d'or 1 Vous avez un empire auquel nul roi ne touche , Si vaste , que jamais le soleil ne s'y couche ! Et quand vous avez tout, voudrez-vous , vous^ le roi , Me prendre , pauvre fille , à lui qui n'a que moi?
Elle se jette à ses genoux , il cherche à l'entraîner. DON CARLOS.
Viens ! Je n'écoute rien. Viens. Si tu m'accompagnes , Je te donne , choisis , quatre de mes Espagnes I Dis, lesquelles veux-tu? Choisis 1
Elle se débat dans ses bras.
DONA SOL
Pour mon honneur , Je ne veux rien de vous que ce poignard , seigneur I
Elle lui arrache le poignard de sa ceinture. Il la lâche et recule.
Avancez maintenant! faites un pas!