‹ Drame (volume 2)Chapitre 3 sur 118 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DON A JOSEFA DUARTË , vieille ; en noir , avec le corps de sa jupe cousu de jais à la mode d'babelle- la -Catholique. DON CARLOS.

DON A JOSEFA seule.

Elle fenne les rideaux cnmoiste de la fenêtre, et met en ordre quelques fauteuils. On frappe à une petite porte dérobée à droite. Elle écoute. On frappe un second coup.

Serait-ce déjà lui?

Un nouveau coup.

C^est bien à Tescalier Dérobé.

Un quatrième coup.

16 HERNANI

Vite, ouvrons I

Elle ouvre la petite porte masquée. Entre don Carlos, le manteau sur le nei et

le cbapeau sur les yeux.

Bonjour, beau cavalier.

Elle rintroduit. Il écarte son manteau et laisse voir un riche costume de velours et de soie à la mode castillane de 4519. Elle le regarde sous le nez et recule étonnée.

Quoi , seigneur Hernani , ce n^est pas vous ! — Main forte I Au feu !

DON GABLOS lui saisissant le bras.

Deux mots de plus , duègne , vous êtes morte t

Il la regarde fixement Elle se tait effrayée.

Suis-je chez dona Sol ? fiancée au vieux duc DePastrana? son oncle? un bon seigneur , caduc , Vénérable et jaloux? dites? la belle adore Un cavalier , sans barbe et sans moustache encore , Et reçoit tous les soirs , malgré les envieux , Le jeuûe amant sans barbe à la barbe du vieux. Suis-je bien informé?

Elle se tait. Il la secoue par le bras.

Vous répondrez peut-être ?

DONA JOSEFA

Vous m^avez défendu de dire deux mots, maître.

Aussin^en veux-je qu'un.— Oui,— non, — Ta dame est bien

Page 1