GRIS DU PEUPLE
Fabidni ! Mort à Fabiani !
Ils growisient et se rapprochent de plus en plus. LA REINE.
Mortà Fabiani! Mylords, entendez-vous ce peuple qui hurle ? Il faut lui jeter un homme. La populace veut à manger. .
SIMON RENARD
Qu'ordonne votre majesté ?
LA REINE
Pardieu, mylords, vous tremblez tous autour de moi, il me semble. Sur mon ame, faut-il^ que ce
JOURMÉB Iir, PARTIE t, SCÈNE IX. f85
ioit une femme qui vous enseigne votre métier de gentikhommes! A cheval, mylords, à cheinal.. Est-ce que la canaille vous intimide? E8t-<;e que les é'pées ont peur des bâtons?
SIMON RENARD
Ne laissez pas' les choses aller phis loin. Cédez, madame, pendant qu'il en est temps encore. Vous pouvez encore dire la canaillïe , dans une heure vous seriez obligée de dire le peuple.
. Les cris redoublent, le bi;iiit se rapproche».
LA REINE
Dans une heure !
SHM ON RENARD^ allant à 1» galerie et revenant
Dans un quart d*heure, madame. Yoici que là première enceinte de la Tour est forcée. Encore un pas, le peuple est ici.
LE PEUPLE
A là Tour! à la Tour ! Fabiani f mort à Fabiani i-
LA REINE
Qu'on a bien raison de dire que c'est une horf rH>le chose que le p^iple t Fabiano !
te
tSS MARIE TUPOB.
SIMPN lUSNARD,
Voulez«-You9 le voir déchirer sous vos veux dans un instant ?
Mais savez^Tous qu*ii est in£iine qu'il n'y en ait pas un de vous qui bouge, messieurs ! mais mi nom du ciel, défendes^^moi donc !
LORD CLINTON
Vous, oui, madame; Fabiani, noiî,
LA HEINE
Âh ciel ! Eh bien oui ! je le dis tout haut, tant pis ! Fabiano est innocent ! Fabiano n'a pas com- Olii^lie Piime p^ur lequel il «est coodamné. C'est moi, et ç^lnirci» ^t le ciseleur Gilbert, qui avoqf tout fait, tout inventé, tout supposé. Pure co-^ médie ! Osez me démentir, monsieur le bailli ! Maintenant, messieurs, le défendrez-vousPU est ioApçeati vouD dj^je. Sur tm léte, sur ma couronne, sur mon Dieu , sur Tame de ma mère, il est innocent du crime! Cela est aussi vrai qu^it est vrai que vous êtes là , lord Clinton ! Défendezle. Exterminez oeuKK>i , comme vous avez ester*
JOURNÉE Ifl, PÂRtlB I, SCÈNE IX. Itf7
miné Tom Wyat^ mon brave Glinten^ mon vieil ami, mon bon Robert! Je vous jure qu'il est faux que Fabiano ait ^oîilu assas^ner la teine/ >
LORD OLIirTCHf .
Il y a une autre reine qu'il a von)u assaasiàer, c'est l'Angleterre.
Les cris continuent dehors.
Le balcon ! ouvrez le balcon ! Je veux prouver moi-même au peuple qu'il nf^\ p^s coup^l^)e!
SIMON RENARD
Prouvez au peuple qu'il n'est pas italien !
Quand je pense que c'est un Sinion Renard , une créature du cardinal de Granvelle, qui ose me parler ainsi ! Eh bien, ouvrez cette porte ! ouvrez ce cacfeot i Fàbiano est là ; je veux le voir , je veux lui parler,
3IM0N 68NARD, bas* ^
Que faites-vous? Dans son propre intérêt, il est inutile de faire savoir à tout le monde au il est.
SW MAJUE TtJDORv
LE PEUPLE
Fabiami à mort ! Vive ÉKsabedi !
SmON RSIf ARD.
LesToilà qui crient vive Elisabeth, ooai&terianr*
LA REINE
Mon Dieu! mon Dieu!
SniON RENABD.
Choisissez, madame :
Il déiigne d'une main la porte du cachot
— OU cette tète au peuple,
n désigne de Tantre main la couronne que porte la Reine*.
-^Ou cette couronne à madame Elisabeth.
LE PEUPLE
Mort! mort! Fabianil Elisabeth!
Une pierre vient casser une vitre à cAté de Ja Reine.
SIMON RENARD
Votre majesté se perd sans le sauver. La deuxième cour est forcée. Que veut la reine?
LA REINE
Vous êtes tous des lâches , et Clinton tout le
premier! Ah! Clinton, je me souvimidrai de cela, mon ami î
SIMON RENARD
Que veut la reine ?
LA REINE
Oh ! être abandonnée de tous ! Avoir tout dit flans rien obtenir ! Qu'est-ce que c'est donc que ces gentilshommes-là ? Ce peuple est infâme. Je voudrais le Ifroyer sous mes pieds. Il y a donc des cas où une reine ce n'est qu'une femme! Tous me le paierez tous bien cher, messieurs !
SIlilON RENARD.
< Que veut la reine ?
LA REINE, accablée*
Ce que vous voudrez! Faites ce que vous. voudrez ! You^ êtes un assassin !
A paru
— OhîFabiano!
SIMON RENARD
Clarence! Jarretière! à moi! — Maître Éneas, ouvrez le grand balcon de la galerie.
Le balcon du fond s'ouvre. Simon renard y va, Clarence à sa droite. Jarretière à sa gauche. Immense rumeur au deliors. • '
iM MASI8 Tupaa,
LE PEUPLE
Fabiani ! Fabiai^i !
SIMON RENARD* au balcon , tourné vers 4c peuplé.
Au nom de la reine!