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DEUXIÈME JOURNÉE, SCÈNE VIL

Il y a eu le complot de Thomas Wyat, etc.

Avec ses quatre mille révoltés, Wyat fit un moment chanceler Marie, appuyée sur Londres. Il fut défait, pris et pendu pour avoir perdu du temps à raccommoder un affût de canon.

12 novembre 18S3.

L'auteur croit devoir prévenir MH. les directeurs de théâtres de province que Fabiani ne chante que deux couplets au premier acte, et un seulement au second. Pour tous les détails de mise en scène , ils feront bien de se rapprocher le plus possible du théâtre de la Porte-Saint-Martin, où la pièce a été montée avec un soin et un goût extrêmes.

Quaiït à la manière dont la pièce est jouée par les acteurs du théâtre de laPorte-Saint-Marlin, l'auteur est heureux de joindre ici ses applaudissements à ceux du public tout entier. Voici la seconde fois dans la même année qu'il met à épreuve le zèle et l'intelligence de cette troupe excellente. Il la félicite et il la remercie.

Mb LOekray, qalafait été tout & la fois il fpiiitnel, 9I redoutable et si fin dam If don Alphonse de Luerèeê Borgia^ a prouvé dans Gilbert tme rare et merveilleuse souplesse de talent II est, selon le besoin du rôle, amoureux et terrible, cafane et vielent, caressant et jaloux; un ourrîer devant la reine , un artiste aux pieds de Jane. Son }eu , « délicat dans ses nuances et si bien proportionné dans ses effets, allie la tendresse mélancoliffue de Roméo à la gravité sombre d^Othello.

Mademoiselle Juliette « qucnque atteinte à la première représentation d*une indisposition si grave qu*elle n'a pu continuer de jouer le rôle de Jane les jours suivants, a montré dans ce rôle un talent plein d^avenir, un talent souple, gracieux , vrai, tout à la fois pathétique et charmant, intelligent et naïf. L'auteur croit devoir fui exprimer ici sa reconnaissance , ainsi qu'à mademoiselle Ida, qui Ta remplacée , et qui a déployé dans Jane des qualités remarquables d'énergie et de vivacité.

Quant à mademoiselle Georges, il n'en faudrait dire qu'un mot : sublime. Le public a retrouvé dans Marie la grande comédienne et la grande tragédienne de Lucrèce. Depuis le sourire exquis par lequel elle ouvre le second acte, jusqu'au cri déchirant par lequel elle clôt la pièce, il n'y a pas une des nuances de son talent qu'elle ne mette admirablement en lumière dans tout le cours de son rôle. Elle crée dans 1 a création même du poète quelque chose qui étonne et qui ravit l'auteur lui-même. Elle caresse, elle effraie, elle attendrit, et c'est un miracle de son talent que la même femme qui vient de vous faire tant frémir vous fasse tant pleurer.

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